La rivière Chobe – Botswana


Botswana 3 chobe river et savute nov 2008 271

Comme il fait bon voguer sur la rivière Chobe entre le Bostwana et la Namibie.

Embarquée sur un bateau à Kasane, ville se trouvant le long de la rivière Chobe, il se trouve que c’est le plus beau souvenir d’un voyage effectué en 2008 avec une amie.

Nous avions passé la frontière en jeep entre le Zimbabwe et le Bostwana au milieu de nulle-part et surtout nous nous étions enregistrées sur la bande de terre de la Namibie, le Caprivi. Un entre-deux, pays mirage d’eau et de sable ! Endroit extraordinaire où j’avais eu la peur de ma vie en croisant un bel homme, avec un coupe-chou, prêt à dégainer en pleine savane. Les enregistrements au poste de frontière effectués nous reprenions la pirogue pour rejoindre le bateau qui nous ferait découvrir ce monde animalier splendide et multiple.

Nous nous sommes installées au moment du coucher de soleil rasant le fleuve entre le rose, le bleu foncé et les nuages se reflétant dans l’eau. Le ciel nous offrait un ballet d’oiseaux nuages volants comme des cigognes allongées foulant le ciel bleu. Simplement magique.

Botswana 3 chobe river et savute nov 2008 293

Le lendemain vers six heures du matin, posté devant un point d’eau animalier, nous assistions avec humilité et joie à l’arrivée des éléphants.

La nature dans sa grande mansuétude nous offrait un spectacle hors du commun, éblouissant et plein de sagesse bienveillante.

Le sable et la roche beige jouaient le lieu de rencontre des troupeaux d’éléphants avec des côtés verdoyants dus aux arbustes secs comme des acacias bas sur terre.

Chaque troupeau d’éléphants (et ils étaient nombreux) se rangeait par ordre de préséance dans le bush et attendait son tour, bien au calme. Impressionnant de voir ces grands animaux respectant chaque groupe et attendant sagement que son tour arrive. Même si la soif les tenaillait.

Les points d’eau sont là pour boire, se laver, s’ébrouer et jouer pour les plus jeunes.

Tout en haut de la colline un attroupement se formait et attendait. Ils se régalaient de feuilles des broussailles formées à cet endroit. Les mères entouraient les éléphanteaux en guise de protection. Quand le moment venait les éléphants descendaient le chemin qui menait au point d’eau. Tout cela dans le calme et la bonne humeur, dans un ordre établi et régulier. Pas de resquilleurs, pas d’indisciplinés. Les uns derrière les autres, ils avançaient à la queue-leu-leu et allaient prendre un bain et boire l’eau fraiche de la rivière. Les mères sont toujours proches de leurs petits, eux-mêmes entourés de plus jeunes qui les maintiennent à flot dans l’eau et les protègent d’attaques d’autres animaux sauvages. Les plus petits disparaissent souvent sous l’eau et parfois nagent. Les matriarches les plus anciennes entourent tout ce joli monde. Elles sont les protectrices du troupeau et celles qui ont le savoir.

Une fois le bain pris, après s’être aspergés avec leurs trompes et s’être bien plongé dans l’eau les éléphants vont se frotter contre les roches pour éliminer les insectes qui les démangent et récupérer des sels minéraux nécessaires à leur bonne forme. La roche contient des minéraux indispensables à leur santé. Et là encore tout un rituel est établi. Avec les trompes on frotte la roche pour la rendre plus tendre. On se frotte le dos et les côtés ; on racle avec les trompes les minéraux ; on creuse la roche, à force de s’être frotté contre, pour en faire comme des sortes de bassins où l’on peut selon sa taille venir se gratter sans avoir à se baisser ni devoir faire des poses impossibles. On se couche sur chaque côté pour pouvoir absorber ces éléments nécessaires. Ils s’aspergent avec la trompe de poudre blanche. Les petits se roulent dans le sable en contre-bas de la roche et puis chaque famille d’éléphants, regroupée, reprend son chemin. De marron foncé taupe, ils ressortent de ce malaxage tout blanc, voir zébré par endroits. Soient les fesses sont blanches soit le milieu du corps comme une raie entre les pattes ; soit la tête est toute blanche ou bien la trompe. Joli bariolage comme si ces éléphants voulaient avoir un camouflage spécial brousse ! C’est vraiment trop drôle. Et cette hiérarchie et ce respect que les éléphants se portent entre eux. Impressionnant !

Après les avoir vus de face avec leurs défenses pointées vers nous, sans traces d’agressivité, ils nous tournent le dos et nous avons droit à voir leurs croupes et leurs queues qui se dandinent au gré des mouvements et des inclinations des corps. Parfois certains font des mimiques de batailles en s’enroulant leurs trompes et en montrant leurs défenses. D’autres s’affrontent réellement et toute la puissance de leurs corps se cabre. Les gros mâles n’ont pas l’air commode. Avec leurs grandes oreilles ils s’éventent et regardent le bateau sans y faire réellement attention ni prendre ombrage.

Quel spectacle ! Et il dure des heures. Intarissable de joies et de puissance. Magnétique et hypnotisant.

Merci à vous les éléphants de nous avoir offert ce défilé majestueux de respect.

Mars 2020.

Catégories :Afrique, Botswana, Namibie, ZimbabweTags:, , , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :