L’Après Covid 19


La nature reprend ses droits et je l’admire tous les jours en regardant les rosiers ouvrir leurs bourgeons et leurs petites feuilles rouges si délicates que l’on n’ose les toucher de peur qu’ils s’effritent.

Je regarde le camélia blanc s’épanouir tous les jours et écarquiller ses grands pétales blancs qui semblent vous dire bonjour tous les matins.

Et le muguet qui pousse et semble s’être trompé de mois de floraison et a déjà grandi sous le rosier qui l’abrite.

La nature est étonnante et se montre sous un jour différent à mes yeux même si de tout temps j’adore et je m’occupe des fleurs.

En ces temps de confinement les plantes sont un émerveillement quotidien, qui ajoute au soleil, qui se pointe, un ravissement du cœur, de la joie pure et désordonnée. Leur parler et leur dire qu’elles sont belles et qu’elles vous donnent du baume au cœur est un plaisir permanant que je répète à tout moment.

Ajoutez un zeste de calme et de tranquillité et vous pourriez vous croire à la campagne même si la vue sur les immeubles vous coupe l’élan. Regarder tous les jours le pommier qui vous offre ses fleurs blanches et étale son panache. C’est grandiose de voir se régénérer la nature alors que l’homme se meurt du covid-19. La nature se moque bien de la bêtise des hommes et de leurs inventions futiles.

Ce confinement apporte et portera en lui une autre vision de la vie. Un ralentissement nous met tous les jours à l’épreuve de la vie et nous rapproche un peu plus de cette nature que nous avions tant bafouée, oubliée les uns les autres. Elle est notre plus proche compagne et nous offre sans contrepartie sa floraison et son épanouissement. Quel bonheur !

Je rêve à la fin du confinement de pouvoir sortir de la grande ville où je suis clouée et pouvoir courir comme lorsque j’étais jeune dans les champs de fleurs, me rouler sur l’herbe verte fraîche du matin et sentir l’odeur si déroutante pour les gens des villes. Avoir de la terre et des bouts de pissenlits sur la tête. Pouvoir regarder les biches les yeux dans les yeux comme dans la Sologne de mon enfance. Pouvoir sentir l’odeur des champignons après la pluie et toucher la bruyère mauve. Pouvoir humer la lavande et en admirer sa couleur dans l’immensité des champs du Vercors, de l’Abbaye Notre-Dame de Sénanque près de Gordes. Être à nouveau émerveillée par les senteurs de la garrigue et les couleurs des arbres et de la terre rouge de Roussillon.

Je rêve de voir la mer et d’entendre ses vagues, le flux et le reflux qui assourdissent mes oreilles mais qui rendent si vivant les bords de mer et qui me donne envie de m’y jeter pour pouvoir sentir l’eau froide se couler en moi et faire pointer les tétons de mes seins. Sentir cette eau qui me manque et me fait défaut. Faire la planche et regarder le ciel se mirer dans l’eau. Ce ciel si bleu aux accents de pureté où le soleil vous fait un clin d’oeil pour vous réchauffer.

Regarder les coquillages qui se meuvent au gré des flots et m’abandonner sur le sable comme une baleine échouée au gré de sa fantaisie. Me rouler dans le sable blond et sentir ses grains sur ma peau nue me griffer. Me rouler jusqu’à être recouverte de sable se glissant par tous les pores de ma peau et m’enfoncer jusqu’à la lie pour ne plus voir apparaitre que ma tête bronzée et échauffée des rayons brulant du soleil d’un soir d’été.

Je rêve de voir ces mêmes vagues recouvrir le sable des algues et former comme en Corse sur la plage d’Argent une baleine longue de deux mètres qui voguait à mes pieds. Pouvoir la regarder évoluer et disparaitre à jamais.

Je rêve de pouvoir hurler ma joie d’être dehors et d’admirer toutes les beautés que la Terre nous envoie. Je rêve d’oublier cette période de confinement comme si cela n’avait jamais existé !

Mais la vie ne sera jamais plus la même pour moi et pour d’autres. Il va falloir réapprendre à vivre, à respirer différemment et appréhender cette joie de quitter nos appartements.

Retrouver les plages, les forêts, les pâturages et apprécier ce qui nous a été enlevé pendant des mois qui sont comme des années à l’échelle de notre vie. Reprendre une vie sur un autre rythme et freiner la consomption antérieure de nos vies. Juste se réjouir et jouir de la vie !

Avril 2020.

 

Catégories :Europe, FranceTags:, ,

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