

Quel plaisir que de découvrir cette exposition sur Byblos, un lieu cher à mon cœur pour y être allée le visiter deux fois dans ma vie (en 1998 sous la période syrienne et en 2018).
Byblos ville charmante à quelques encablures de Beyrouth au Liban qui donne sur un joli petit port de pêcheurs qui fut dans les années 70 un lieu de villégiature, une sorte de Saint-Tropez libanais, pour les noceurs de tous les pays.
Ce lieu est aussi tinté d’histoire gréco-romaine et égyptienne voire plus ancienne, découverte lors de fouilles par Ernest Renan, Pierre Montet, Maurice Dunand avec sa femme dans les années 1930. Toutes les civilisations sont passées en ce lieu et mettent en exergue les liens étroits et constants de l’antiquité, de l’Egypte, la Mésopotamie, l’Anatolie, la Grèce et Rome. Les chemins mènent tous à Byblos.
Lorsque l’on visite le site on est conquis par la vue sur la mer et les recherches effectuées et toujours en cours.
Alors cette exposition a eu l’art de me faire voyager à nouveau en ce monde meurtri de nos jours où les bombes tombent sur Beyrouth, non loin de là. Je pense toujours au musée archéologique de Beyrouth où tant de merveilles que nous allons voir ici dans cette exposition et dont la survie est toujours actuelle.
L’exposition est majestueusement organisée tant dans son organisation que par les objets présentés ainsi que les photos.
Tout démarre avec les ancres en pierre posées sur le sol sablonneux et sur les images de Byblos vues de la mer. Cela donne une ambiance de se trouver sur le site et d’en sentir la puissance.


Et puis on découvre les terres cuites qui parlent des cèdres du Liban. Car ces arbres millénaires qui font rêver et sont protégés aujourd’hui ont servis aux Egyptiens pour construire leurs pyramides et même pour certaines de tenir l’intérieur des pyramides. On venait chercher le bois de cèdre pour sa résistance. On peut aussi voir où se trouvent les cèdres sur une carte du Liban et à quelle hauteur ils se trouvent (2000 mètres). Je me souviens du lieu comme si c’était hier.


On peut aussi admirer les bateaux en bois de cèdre qui permettaient de voguer sur la mer et les rivières du temps des pharaons.


De là on passe aux jarres en terre cuite qui sont double avec le goulot en forme de huit ou bien avec une tête de bélier. Impressionnant de beauté.


Les poteries sont magnifiques – retrouvées dans les tombes de l’ensemble funéraire de Byblos. Les fameuses hypogées découvertes il y a peu à l’extérieur du site qui regorge de souvenirs laissés là pour que les morts aient comme pour les pharaons égyptiens la possibilité de vivre dans l’au-delà avec leurs objets quotidiens. Par là-même il faut absolument voir le film d’Arte sur le sujet.
Ici ce sont des cruches avec des peintures et des ornementations qui viennent à nous presque intactes.
Les colliers en pierre de cornaline sont d’une telle pureté qu’on envie de les porter ! Comme ceux en albâtre devant cette jarre qui détient des pots.



Là encore des vaches peintes comme réelles, ce port de tête de ce dignitaire égyptien avec les hiéroglyphes écrits dans le dos de ce personnage, avec le faucon et ces magnifiques petites statues recouvertes d’or qui font la fierté du site de Byblos. On pouvait les voir au musée archéologique le long de l’hippodrome de Beyrouth. Ou encore celle en bronze vert qui représentent des personnages levant les bras.







Et puis des objets féminins : ce cercle en or avec la cornaline au milieu, les scarabées faites en différentes pierres et l’hippopotame en terre cuite couchés ou debout qui sont dignes de ceux de L’Egypte se trouvant au Louvre.




Cette statue en pierre est touchante avec ce chapeau en pointe. Et cette jarre en or avec ce visage de femme en plein milieu. Les ornementations qui entourent le goulot et le bas sont délicieux. Et ces objets pour orner les bâtons avec ce chien si bien stylisé qu’on le croirait vivant. Ou cette bête à corne si réelle. Et les poignards en or, ornés de divers animaux dont lions, singe, chiens, poissons, âne sur lequel repose un homme sont à la queue leu leu. C’est fascinant tant le détail et la finesse de la réalisation sont pour l’époque si beaux. Et le manche en ivoire recouvert d’or du poignard avec ces deux bêtes à corne qui l’entourent.






A nouveau des poteries dont celle avec l’œil égyptien en dessous du goulot. Et celle avec les ronds de différentes couleurs. Elle m’intrigue beaucoup.


Et les pendentifs pectoraux du pharaon Sésostris II, retrouvés par hasard dans une des tombes avec non loin les pierres qui étaient dans le sable et qui ont permis de les réintégrer dans l’or cloisonné. Or travaillé si finement pour cette période. J’en ai le souffle coupé.





Cet objet aussi en or tout en longueur qui comprend des pierres intégrées dans des cloisons. Quelle luminosité et surtout cet objet est minuscule.
La beauté du miroir avec le détail du manche en bois avec les feuilles d’or en papyrus.

Les mosaïques aussi dont je me souviens très bien lors de ma visite au musée de Beyrouth.

Tant de beautés qui sont aujourd’hui protégées.
Et vous pourrez aussi admirer des photos du site de Byblos vues lors des présentations de l’exposition.






Je ne peux que vous conseiller et recommander d’aller la visiter car c’est une merveille !
Lien : https://www.imarabe.org/fr/agenda/expositions-musee/byblos-cite-millenaire-du-liban
https://youtu.be/ostoZRqkS7s?is=WcCmFZO_J63oCKB6
Paris le 20 avril 26.
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