
Je viens de me transporter dans un voyage en Iran et j’ai du mal à réattérir dans notre quotidien parisien.
Je n’ai pourtant pas bougé de Paris et j’ai l’infime impression d’être à Téhéran, Ispahan ou bien dans le désert iranien. J’ai vogué sur les routes de la soie, entre l’Iran, la Turquie et le Moyen Orient. Cela me remémore le voyage en Asie centrale avec ses couleurs bleues, sable et ses odeurs de pain cuit au four.
Ce livre vous fait découvrir le pays des oiseaux, des roses, du zoroastrisme et du quotidien des Iraniens avant 2022.
J’ai toujours rêvé de visiter ce pays mais je pense hélas que ce rêve ne se réalisera jamais.
Lucie Azema nous emmène dans la vie des Iraniennes et des Iraniens. Nous partageons leur quotidien, la vie au jour le jour mais aussi les fêtes, les cafés où l’on boit le caj (thé), les rencontres, les repas, la musique, la poésie – sport favoris des Iraniens et les visites du pays.
Ispahan où l’écrivain ne se souvient de pas grand-chose et un flou artistique est ancré dans sa tête. Persépolis comme une immense culture.
Téhéran où elle a vécu plusieurs années, a connu l’Amour, a rencontré et a beaucoup d’amis qui lui ont fait découvrir cette ville qu’elle adore. Comme elle le dit elle se sent chez elle.
Ses voyages dans le désert avec sa mère, ses marches dans Téhéran avec son père, ses amis qui vont lui ouvrir un monde inconnu où tout se passe à l’intérieur des maisons et où la liberté est là. L’ile de Qeshm où la mer va lui apparaitre différente puisque les femmes ne peuvent pas prendre le soleil ni se baigner. Comme le nord de L’Iran avec la mer caspienne et toute la région tropicale verdoyante.
Elle nous retrace aussi toute l’histoire d’Alexandre le Grand aux mollahs d’aujourd’hui et surtout nous parle de son attachement particulier à ce pays.
Attachement aux personnes rencontrées qu’elle protège en changeant leurs noms ; attachement à son amoureux azerbaïdjanais qui retournera à Bakou et se mariera ce qui laissera l’écrivain mortifiée ; attachement à la ville de Téhéran mais aussi à Van et Istanbul en Turquie qui la rapproche de l’Iran. Cette attraction avant que cette ville ne devienne son port d’attache puisqu’avant elle a vécu en Inde, au Liban et en Turquie. Cela passe aussi par la nourriture : le riz safrané, la glace à la rose, le thé (caj), le pain frais tout chaud, les plats préparés pour les pique-niques improvisés hors de Téhéran.
Elle parle aussi de la gentillesse des Iraniens, du partage des expériences, des lectures le soir et surtout de l’apprentissage du persan. Car c’est aussi une autre approche que d’apprendre une autre langue et de devoir se « mouvoir » dans une langue qui n’est pas la sienne.
Tout ce qui est écrit dans ce livre fait écho en moi et me renvoi à tous les voyages mais aussi les pans de vie que j’ai laissé à travers le monde. Expérience de vie en Russie pendant quatre années où j’y ai laissé un peu de moi. En rigolant je dis toujours qu’il y a un fantôme qui court les rues de Moscou ; L’ex-Yougoslavie que j’avais épousée par la langue et les traversées de ce pays magique où j’ai pu voir la montée de la violence pour aboutir à la guerre civile ; et ces voyages en Inde et au Népal où j’ai là aussi vécu comme une Népalaise à marcher dans les rues de Patan que je n’oublierais jamais ; Et puis mes multiples voyages à travers le monde qui m’ont comme les marins attachés à certains pays ou port. Je n’en dresserais pas la liste car cela n’a aucun intérêt mais je peux comprendre ce qu’écrit Lucie Azema.
Lisez ce livre admirable par ses sensations partagées : on sent palpiter ce pays en elle et surtout elle nous retrace sa vie là-bas, nous partage ses impressions, ses voyages et sa difficulté à se réinsérer dans la vie européenne.
Paris le 26 avril 26
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