4e semaine de confinement – Covid 19 oblige


Reprenant et paraphant la phrase de Chloé Morin : « Comme vous, je suis maintenant confinée depuis plus d’une semaine. Je me lève, je me couche, je dors, je mange. Je me lave les mains. Je range, je regarde la TV, je lis. Je me lave les mains. Je Whatsappe, je Facebooke, je Telegram, je Zoom, je Skype, je Facetime… je me lave les mains… J’allume la radio, j’ouvre la fenêtre, je fais signe à la voisine d’en face – première fois depuis trois ans que je vis ici… Je me lave les mains. Je descends les poubelles. Je me lave les mains. Je fais des petits ronds en courant dans le quartier pendant l’heure réglementaire. Je me re-lave les mains. »

Je ne sais pas si cette vie végétative va durer longtemps mais j’ai l’impression d’avoir loupé un épisode dans la mienne. Je me demande ce que je fais confinée dans mon appartement, dans mon confort et mon canapé. Alors que le soleil est là et que la nature explose. Je me demande pourquoi dans ma cinquante-huitième année je me vois obligée de vivre ce confinement qui sort de mon entendement dans le sens de ne pouvoir être libre de mes mouvements.

Je me demande pourquoi, alors que je revenais de deux mois passés dans la nature, je me suis retrouvée avec un pied fracturé et là encore obligée de vivoter et de mettre un coup d’arrêt à une vie agitée. Etait-ce une préparation, un entraînement, un échauffement à ce qui allait définitivement arrêter et clouer nos vies – ce covid 19 qui met l’Humanité entre-parenthèses et dont le monde ne sait plus quoi faire.

Certains jours il est difficile de se retrouver coincée dans son appartement et d’en faire pour la énième fois le tour. Car parler aux murs a une limite. Faire le ménage a une limite. Ecouter de la musique a une limite. Ne voir personne, à part les passants qui courent, se trémoussent et passent sur les trottoirs, a une limite. Acclamer le personnel médical tous les soirs, devient vite lassant. Même s’il est important et primordial de les remercier pour tout ce qu’ils font pour cette Humanité si peu reconnaissante.

Il y a un moment où l’oisiveté obligée devient limitante voire malsaine, regressante et vous entraine vers des profondeurs qui ne vous rassurent pas.

S’obliger à des routines aident à surmonter les plongées dans sa solitude et à surmonter les moments difficiles de l’introspection.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi avons-nous tout dénaturé ? Pourquoi ne sommes-nous pas raisonnables ? N’avons-nous rien appris des siècles précédents, des guerres ? Pourquoi la technique a-t-elle envahie nos vies au point d’en oublier l’humanité ? Pourquoi sommes-nous devenus ce que nous sommes ? Pourquoi avons-nous oublié l’Amour, le partage et la gentillesse ? Pourquoi et pourquoi ?……

Je me le demande encore et encore. La bêtise de l’Humanité clivante entre des populations riches, obèses de leur argent qui exploitent notre Terre à ne plus savoir comment se gaver encore et encore. Et qui vomit tout ce que cette richesse ne peut plus offrir. Ce financier en chacun de nous qui ne cherche que le gain et à s’enrichir sur le dos de l’autre. Où est passé l’entraide, le bénéfice commun, la communauté qui permet à chacun de vivre et de s’aider à surmonter les difficultés ? Peut-être suis-je trop naïve ?

Et puis cette nature que nous exploitons jusqu’à son dernier souffle. Plus rien n’a de valeurs aux yeux des hommes. Sommes-nous devenus consuméristes et aveugles au point de laisser mourir une partie de l’Humanité ? Sommes-nous devenus si individualistes que notre nombril est le seul à nous préoccuper ? Sommes-nous devenus si peu attentiste à la nature qui crie sa rage et sa révolte en nous adressant un joli message – Monsieur le Covid-19 ?

Allons-nous comprendre avec ce virus que nous devons changer drastiquement de vie et nous tourner vers une vie plus ralentie orientée vers le juste nécessaire ? Ou bien allons-nous continuer à consommer jusqu’à en mourir ? La Terre nous envoie une alerte, une semonce terrible.

Ces questions m’obsèdent et ne me rassurent pas car je n’ai plus de foi en l’Humanité et sa volonté de changer. Elle me désespère dans son égoïsme et sa bêtise. Il suffit de voir qu’il est interdit de courir, de sortir et de voir que beaucoup de gens ne suivent pas les consignes. Covid-19 se répandra encore plus et se vengera de notre ignorance. Aujourd’hui avant Pâques les gens se baladent, les voitures et les motos se sont remises (à qui mieux-mieux) à parcourir les rues comme si nous n’étions pas confinés. Le genre humain est réellement désespérant !

Aurons-nous le reflexe salvateur de vouloir nous reconnecter à Dame Nature et de lui redonner la place qu’elle mérite. Permettre à la terre de vivre et de laisser le travail de régénération s’effectuer sans la polluer d’adjuvants ou d’engrais ; laisserons-nous les oiseaux, les abeilles, les coccinelles revenir car pour une première fois nous les entendons chanter dans nos villes confinées ; créer des éco-sanctuaires où nous protégerons les animaux, les arbres, les fleurs – la vie en somme. Quitterons-nous notre mode de vie actuel pour créer un autre monde ?

Et la question que je me pose : la vie aura-t-elle le même goût, la même saveur qu’avant ? Saurons-nous changer et évoluer ? Et la rendre plus belle et à l’image de l’après.

10 avril 2020.

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