Pancakes Rocks – Punakaiki


S’il est un lieu que je rêvais de visiter c’était bien les Pancakes Rocks à Punakaiki dans le parc national de Paparoa. Et je ne fus pas déçue !

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Tout résonnait en moi de ce paysage abrupt. Pour l’attendre, la route de Greymouth à Punakaiki ne peut laisser indifférent. La sauvagerie de la côte mais aussi la solitude qui y règne et la force des vagues qui lèchent voire violentent les roches.

La route est majestueuse et longe la mer de Tasman tout du long, tout en côtoyant les rochers abrupts de la côte.

Je me suis arrêtée, je ne sais combien de fois, pour admirer ce paysage grandiose, qui vous laisse bouche-bée par la violence des courants, des vents, des vagues qui s’affrontent. Les plages qui longent les baies sont immenses, léchées par des flux et reflux de vagues virulentes, qui tourbillonnent. Elles ont fini par former des contreforts empêchant toute envie de descendre sur les plages. On ne peut que les admirer de la route et s’en approcher relève de l’escalade ou bien de l’alpinisme. Trop peu pour moi. Les contempler m’a ravi et conquise.

La route dès lors qu’elle laisse place à un peu d’espace est immédiatement remplie de bush et de forêt tropicale avec ces grandes fougères et les arbres panae.

A un endroit j’ai découvert que la nature avait transformé la roche en animaux, aspergés par les vagues, formant un lapin couché dans l’eau en attente d’on ne sait quoi. Derrière lui il était possible d’imaginer une aile de requin qui le poursuivait. Tout ceci n’est que le fruit de mon imagination mais la nature fait bien les choses pour vous aider à y croire.

Je suis aussi fascinée par cette mer qui chasse une vague pour en faire venir une autre, avec ce flux et ce reflux, cette force de la mer à vous ensorceler. Le bruit est une berceuse qui aura une influence sur mon endormissement à Punakaiki. Mais elle est loin d’être douce ! Elle fait un fond sonore qui résonne et vous entraine dans sa danse folle. Toute cette côte ouest est balayée par cette mer de Tasman et sa violence. J’en étais surprise moi-même.

Et puis bon an mal an, je suis arrivée à Punakaiki devant les signaux « Pancakes rocks – Blowholes walk ». Et là ma jubilation était à son comble. J’avais accompli un rêve et j’allais enfin marcher à cet endroit et découvrir ces pancakes. Respirer ce lieu magique ! M’en imprégner jusqu’à être saoule et ne pouvoir en détacher mes yeux.

Vous démarrez par un joli chemin dans la forêt tropicale, qui vous accompagne tout le long, en se décharnant par endroit, ou bien en devenant dense à d’autres. Mais jamais elle ne vous quitte. C’est cela qui est incroyable en Nouvelle-Zélande, la forêt est toujours là au coin de la baie ou le long de la route, sur des kilomètres. Elle vous enlace. Puis nous arrivons sur une magnifique vue sur la baie et plus on avance plus le suspens se fait. A quoi cela ressemble les pancakes ? Comment cela s’est réalisé ? Et plein d’autres questions à la clef ! Et quels animaux vivent ici ? Et tutti quanti !

Et au coin d’un virage une vue extraordinaire sur une montagne de pancakes. Empilage de roches, les unes sur les autres, comme des crêpes, sur lesquelles poussent des « cabbage trees » en complète fusion avec cette nature, ou bien de l’herbe sauvage. Ces rochers dessinent des renfoncements, des creux, des avancées. Elles se surplombent, penchent ou bien font des arcs, des ponts ou juste des envolées vers le ciel. Elles ont des arrêtes, sont courbées, manquent de tomber et de s’écraser sur le sable en contrebas. Sur certaines un oiseau est stylisé dans la roche et il est sur son nid en train de couver. Ils sont imbriqués les uns dans les autres et s’entrechoquent comme la mer qui vient les frapper par ses geysers d’eau verticale, sans cesse et avec violence. Des colonnes d’eau qui s’abattent vers le ciel sur des rochers qui ressemblent à des crêpes géantes, empilées les unes sur les autres. Une forêt de rochers de crêpes ! Magique non ? Un peu comme la chaussée des géants en Irlande du Nord, sous une autre forme. Mais là elles sont empilées en couches successives comme des strates qui se chevauchent. Un monde à part où les taras viennent se nicher et se reposer. Elles font leur nid d’octobre à janvier. Elles sont magnifiques ces sternes à la tête blanche, au cou noir et au bec noir que l’on ne trouve qu’à cet endroit. On dirait des oies mouettes ! Ces dernières traversent la mer de Tasman pour aller en Australie passer l’hiver.

Dans de nombreux endroits, à l’intérieur des falaises, d’étroits puits d’aération créés par la pluie se sont unis aux tunnels horizontaux créés par les coups de boutoir de l’océan. De nos jours, à marée haute, les houles océaniques se jettent tête la première dans des tunnels toujours plus étroits et obligent de grosses quantités d’eau et d’air comprimé à se lancer dans les airs à travers les puits verticaux. Cela a créé un paysage sifflant, animé et phénoménal qui émet régulièrement des geysers d’eau salée. Dans une forte houle vers l’ouest, cette création de la nature est un spectacle très impressionnant. Cela rugit de partout !

Le paysage est grandiose, il n’y a pas d’autre mot. En continuant la promenade on tombe sur un autre rocher qui donne à penser que nous voyons une tête de Maya avec le nez arcbouté, un Moai de l’ile de Pâques qui se tient droit comme un pic, un poulpe qui s’écrase sur le rocher et sur la droite un jaguar prêt à bondir. Il est à tous les vents et se tient face à la mer comme la défiant ! La nature nous offre de l’art et par des moindres. Et puis toujours ces vagues avec cette force et cette énergie démonique qui frappe et frappe à nouveau cette fresque de la nature. La violence fait partie de ce monde. Et puis à nouveau la nature nous offre un spectacle où les éclaboussures des vagues font comme des gouttelettes d’eau, une évaporation qui s’agrippe aux rochers avant de retomber dans les vagues. On dirait un saupoudrage de sucre sur les parois de la roche ou bien des flocons de neige postillonnant sur cette même roche. Juste une beauté parmi d’autres. Mais elle captive mes yeux et m’enchante.

Puis je continue cette promenade dans un monde irréel où l’on peut méditer sur la beauté de la nature mais aussi sur la sauvagerie et la difficulté du milieu pour l’Homme. Car alentours les roches font partie du paysage, comme les grottes et les forêts tropicales.

Comment les Maoris sont-ils arrivés jusque-là ? Par quel miracle ?

Tout d’abord il s’agit de Ngati Waewae ou bien des quatre vents. Punakaiki veut dire en maori : Puna le printemps ou la source et Kaiki – se coucher sur un tas – ou bien kai qui veut dire abondance de nourriture. Le lieu est connu pour les maoris comme étant un endroit où l’on pouvait se reposer et se sustenter sur le voyage qu’ils effectuaient entre le nord et le sud de l’ile du sud, entre Pakawau et Piopiotahi, à la recherche du jade (pounamu) se trouvant dans cette région.

Et puis un autre mystère reste entier : comment se sont formés ces pancakes ? Personne n’a l’explication ou plusieurs explications font jour. Tout ce que les scientifiques savent c’est que 35 millions d’années avant notre ère, se sont formés sous la mer des rochers de calcaire emplis de fragments d’organismes marins. Ce qu’ils ne savent pas c’est comment ces rochers se sont empilés les uns sur les autres. Est-ce l’érosion, la poussée des roches, la mer et les vagues….. Aucune théorie ne donne de réponse à cette énigme. Et puis avons-nous besoin de réponses. Laissons la magie des lieux opérer et oublions le reste.

Février 2020.

 

Lien :

https://www.youtube.com/watch?v=2F4n5du8wTg

https://www.youtube.com/watch?v=NUfJH6CkhCc

 

Catégories :Nouvelle Zélande, OcéanieTags:, , , , , , ,

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