Un petit tour par le lac Maligne… – Parc de Jasper


A Jasper on peut aller se promener sur les routes qui mènent au lac Maligne. Un joli coin dans les Rocheuses canadiennes au milieu de nulle part avec une vue sur les montagnes encore enneigées.

Nous sommes partis de bon matin pour aller visiter le lac Maligne mais surtout profiter de la nature « Into the wild » et des animaux. Car j’avais durant ce voyage plusieurs idées en tête : voir les ours noirs et ou les grizzlis ; voir les baleines et axer ma découverte du pays sur les nations premières.

Je fais référence à ce film « Into the wild » qui m’a énormément marquée et auquel j’ai beaucoup pensé durant tout ce voyage. C’était ma quête, mon graal et je n’ai pas été déçue même si je n’ai pas toujours eu la chance de tout voir !

Pour atteindre le Lac maligne il faut rouler pendant plusieurs dizaines de kilomètres et traverser des forêts de sapins hauts qui sont parfois bien rouges. Et pourquoi donc ?

Hélas la nature fait parfois bien les choses et invite des scarabées qui s’amusent à ronger et tuer les vieux pins. Comme il n’y a pas de feux depuis bien longtemps les arbres sont vieux et moins forts pour lutter contre ce nouveau fléau. Ils sont rongés de l’intérieur par le scarabée et deviennent tout rouge. Le scarabée suce la moelle de l’arbre qui ne peut plus se défendre contre son invasion. Il l’assèche de l’intérieur si l’on peut dire. La forêt se colore et donne un condensé de rouge marron et de vert. C’est assez impressionnant ! Et quand on voit le minuscule trou dans lequel l’affreux scarabée est entré et voir le désastre qu’il provoque. On peut dire que la moitié de la forêt autour de Jasper est rouge. Terrifiant. Le seul remède serait le feu qui comme aux Etats-Unis enflamme les forêts.

Mais revenons à notre promenade à travers les paysages les plus beaux et les plus sauvages de la région.

Le long de la route nous avons croisé beaucoup d’animaux mais pas l’ours que j’étais venue chercher.

Nous avons pu croiser des biches ou des cerfs, des wapitis (elk en anglais) qui broutaient des herbes jeunes et vivaces le long des routes, pas effrayés pour deux sous de nous voir passer, nous arrêter pour les photographier. Ils continuent à brouter et à chercher leur nourriture. Car la nourriture commence à être abondante en mai même s’il ne faisait pas chaud au moment où j’y étais.

Les herbes commençaient à pousser, les baies sauvages – sorte de myrtilles sauvages montraient le bout de leur couleur mauve foncé – délices des ours, les fleurs comme les crocus à hautes tiges faisaient leur apparition. En un mot la nature se relevait de l’hiver long et froid.

Et les animaux revenaient à la vie à la fin de l’hibernation. Nos fameux wapitis avec leur derrière blanc et une queue enrobée de blanc faisaient leur apparition. Les femelles sont terribles car elles entrent en ville dans Jasper pour déguster les feuilles des haies et attaquent le passant qui s’approche trop. Et comme l’animal est peureux il fait des dégâts. On peut les croiser le soir et c’est ce qui m’est arrivée à Jasper.

Les gardes forestiers se chargent de les faire sortir de la ville et c’est un jeu de cache-cache. Impressionnant aussi les femelles vont mettre bas dans le milieu d’un lac pour éviter que les petits soient dévorés par les loups, les ours. Et c’est quand les wapitis femelles sont « grosses » qu’elles sont les plus dangereuses.

Continuant notre route nous avons traversé des endroits déserts où les sapins ont été brulés par le feu. Des pans de forêts ont disparus et les troncs sont calcinés.

Rien n’a repoussé à ce jour. Et c’est là que notre famille aigle a décidé de venir nicher. Cela fait plus de vingt ans que deux aigles viennent se retrouver tous les ans pour faire leurs petits. Il y a eu deux années au moment où le feu avait sévi qu’ils n’étaient pas revenus. Et depuis ils reviennent comme les pingouins tous les ans retrouver leur femelle ou leur mâle au même endroit. Ils améliorent tous les ans leur nid qui s’agrandit et s’alourdit de branchages en tout genre. On dirait le mât d’un bateau qui permet de voir tout ce qui se passe à la ronde. Et le mâle ou la femelle reste à tour de rôle sur le nid pour réchauffer les deux œufs qu’elle a pondu. L’histoire veut que des deux œufs un seul restera vivant et que celui qui sera le plus fort mangera son « frère ». Cruelle nature. Mais les aigles ne peuvent nourrir qu’un seul oisillon. La tête blanche de l’aigle avec son bec jaune incurvé dominait le nid et regardait qui était dans les parages. Car les aigles ont une vue perçante et peuvent sentir un danger ou une proie à des kilomètres à la ronde.

Et puis nous avons atteint le lac Médicine avec son cours d’eau qui fait des méandres et rend l’eau presque métallique avec des reflets dans les sables blonds. On dirait des labyrinthes d’eau, sans eau, des tourbillons sinueux qui tournent et se retournent pour former des dessins surréalistes. L’eau grisâtre, bleuâtre se réfléchit et créé des méandres avec le sable blanc. Cela fait comme des dépôts de sel entourés de couleurs marrons et au fond coule la rivière. L’eau disparait on se sait où pour créer des vasières. C’est juste sublime. En été, la fonte des glaciers alimente le lac Médicine jusqu’à le faire déborder parfois. En automne, le lac disparaît pour faire place à une vasière. Mais il n’y a aucun canal, aucune rivière pour drainer l’eau. Mais où donc l’eau s’en va-t-elle ? L’eau s’écoule par un réseau souterrain. Il s’agit de l’une des plus importantes rivières souterraines et pourrait constituer le plus grand réseau de cavernes inaccessible du monde !

Nous avons suivi par les routes des torrents plus ou moins virulents qui se jettent dans les lacs. Dont un où il y avait une pierre ronde posée sur une autre. On se demande comment cela est arrivé et on dirait avoir à faire à un petit totem ou bien à un gros cairn.

Notre route nous a enfin mené au lac Maligne. Et là Oh grande déception il était tout gelé. Il faisait un froid de canard et on se gelait avec le vent qui se mettait au diapason. Pas un canard en vue, seules des crottes et des traces de sabots d’élan (moose en anglais) sur le sol mouillé. Nous avons cherché cet élan mais il était parti depuis bien longtemps. Seule la route écoulant l’eau était ouverte sous le pont et on pouvait l’admirer. Et après une couche de glace fermait le lac à tout accès – à part celui de patiner ! La glace était assez épaisse et la vue sur les montagnes avoisinantes étaient incroyables. On pouvait admirer dans le fond, les monts Charlton et Unwin voire Samson qui étaient recouverts de neige. Nous avons retraversé le lac Médicine avec se sublimes méandres scintillants pour revenir. Les flancs étaient tous gris. Ils fermaient le lac dans ce que nous pouvions apercevoir. On avait juste envie de se poser là mais le froid vous rappelait que l’homme gèle vite même s’il est bien équipé ! On a tous filé dans le bus se réchauffer.

Pas de vues sur l’ile Spirit – lac gelé obligeant !

Puis nous avons pris le chemin du retour en longeant la rivière. Nous nous sommes arrêtés sur une aire de repos et avons cherché les ours. Mais pas d’ours à l’horizon – ce derniers avaient décidé de faire la grève de leur présence ! Mais nous avons fait la découverte d’un petit animal moitié écureuil moitié souris qui s’appelle Pika en anglais et qui saute sur les rochers et s’approche de vous sans peur ni remords. Très joueurs et très drôles à suivre.

Une très belle balade dans la région de Jasper qui mérite le détour.

Un peu d’histoire sur le lac :

Le lac Maligne mesure environ 22,5 km de long et sa profondeur maximale atteint les 97 m à l’extrémité méridionale du lac. Sa profondeur moyenne est de 35 m. Le lac est situé à une altitude de 1 670 m au-dessus du niveau de la mer. Les pics Leah et Samson sont facilement visibles depuis le lac Maligne ainsi que le mont Paul à l’est, les monts Charlton, Unwin, Mary Vaux et le pic Llysfran au sud et à l’ouest. Les glaciers Charlton, Unwin et Maligne sont également visibles depuis le lac, dans lequel cohabitent des populations de truites arc-en-ciel et d’ombles de fontaine, introduites par l’homme. Le lac Maligne est également un lieu prisé pour la pratique de la pêche sportive, du kayak et du canoë. Le lac Maligne est alimenté par la rivière Maligne sur sa côte sud, près de Mount Unwin, et se déverse dans cette même rivière au nord. Le lac Maligne avait été nommé à l’origine « Chaba Imne » (lac Beaver) par les Autochtones qui vivaient à Jasper.

En 1907, Mary Schaeffer, riche Quaker originaire de Philadelphie, apprit l’existence de ce lac mystérieux. À l’aide d’une carte obtenue auprès de Samson Beaver, Mary explora la vallée et le lac et relata plus tard ses aventures, contribuant à faire de la région une destination touristique prisée au cours des années qui suivirent.

Paris juillet 2019 – Jasper mai 2019.

Catégories :Amérique du Nord, Canada, Non classéTags:, , , , , , , , , , , ,

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