Tsagaan Suvarga – canyon rocheux orangé dément !


Voyager en Mongolie vous met face à des paysages magnifiques et dont l’infini vous interpelle. Deux jours que nous arpentons ce pays et déjà nous allons de Charybde en Scylla !

Après une route sur asphalte et sur piste secouée, nous arrivons sur un promontoire qui ne paye pas de mine.

Nous nous demandons pourquoi s’arrêter là ? Et tout à coup sortant de la voiture, face à nous un chorten qui marque un lieu sacré, et en contre-bas de la falaise un paysage dantesque.

Il n’y a pas que le paysage qui est fou mais les nuages aussi. Nous avons été accompagnés pendant une partie de la transhumance par un ciel s’assombrissant avec des pluies, orages et éclairs à quelques kilomètres de nous.

 Et là devant nous les formations rocheuses de Tsagaan Suvarga qui veut dire en mongol « stupa blanc ». Mais elles n’ont rien de blanc ! Elles mesurent 60 mètres de haut et s’étendent sur 400 mètres de long et se prolongent sur toute la plaine en contre-bas.

Elles sont composées de minerais qui se colorent, une fois exposées à l’oxygène, dans tous les tons cuivrés, jaunes, orangés, rosés, rouges et blancs. Ces différentes couleurs représentent celles du sol, des structures sédimentaires et de l’argile qui le compose. On dirait un arc en ciel de couleurs devant un paysage de champignons, de sexes plantés droits et bandés, de monticules ridicules et du vide qui entoure.

Il faut dire que c’est un ancien océan, grande mer dans les vallées de Khevtee et Bosoo de Tsagaan Suvarga avec des grottes et des peintures. Après s’être asséchée, ce site est devenu un glacis et une falaise escarpée.  On se croirait aussi un peu comme au Ladakh sur le site de la lune à Lamayuru (Moonland).

Le souffle vous manque quand vous arrivez à pied et que vous regardez, sous et à vos pieds, les splendeurs de cette nature. La plaine est formée de monticules rosacés qui font comme des vagues sur le sol en contrebas.

Puis vous vous approchez du vide et vous vous sentez aspiré par cette beauté de couleurs et de contrastes. L’ocre fonce au gré de la température et de la luminosité. Les formes géologiques donnent l’impression d’avoir affaire à une nature sculptée par les ans et qui laissent des têtes de champignons sur les hauteurs. On dirait même que l’on a des orgues en face de soi et des doigts fins pointés vers le ciel, avec des ongles qui se tendent vers vous pour vous attraper. Des pinceaux se dessinent sur les hauteurs, comme si un peintre s’était amusé à créer les couleurs qui ornent le site. On pourrait même imaginer des jupettes se mouvant, qui ornent le haut des falaises et qui ont été érodés au gré des fantaisies du vent. Et puis à certains endroits la roche est entièrement blanche et le reflet du soleil accentue cette blancheur.

Et vos yeux sont déportés vers la zone orangée, ocre qui vous attire et vous happe à nouveau. On aperçoit par-ci par-là des touffes d’herbes vertes, plantes dures, sèches et coupantes qui résistent au manque d’eau. Elles forment des grappes le long des rus ou oueds qui parsèment le sol dans la vallée.

Et tout à coup le ciel a lâché des litres d’eau sur nos têtes. Toute sa colère en dix minutes. Nous avons tous piqué un sprint pour éviter d’être trempé ! Une pluie chaude qui recouvrait toute la terre et faisait comme un mur. Nous sommes repartis en voiture en attendant que la colère du ciel se calme. Et arrivés en bas, nous avons pu aller nous promener sur les monticules pour observer les falaises – vues d’en bas.

Un spectacle là aussi géant. Pas de mots….

On pouvait se rendre compte de la teneur du sol.  Non pas un sable fin mais un sable compact et épais qui ne s’écrase pas sous notre passage. Une nature aride, rouge flamboyante, se corsant après la pluie, renforçant les rouges, les mauves et les oranges, contrastant avec le blanc.

Puis nous avons rebroussé notre chemin à travers les rigoles d’eau, les rus, les monticules et les collines pour revenir à la voiture.

Nous avons parcourus quelques kilomètres et avons rencontrés nos premiers chameaux. Ils faisaient la marche des chameaux et nous ont salués en regardant passer la caravane !

Là nous avons compris que nous étions réellement dans le désert de Gobi !

Juillet 2018

Catégories :Asie, Mongolie, Non classéTags:, , , , , ,

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