Zanskar quand tu nous adoptes ! – épisode 6


Karsha le plus beau village accroché à la roche, qui surplombe le Zanskar et les champs de riz en espaliers dans la plaine. Le monastère niché sur la hauteur du village est en reconstruction. Il est logé comme sur un nid d’aigle et regarde la vallée et le Zanskar filer vers Nimu. Vallée qui s’étale de toute sa largeur et mélange le marron au limon gris du fleuve. En son milieu, coule le Zanskar enclavé, entre les deux flancs de la montagne grise, dont les hauteurs sont recouvertes de glaciers blancs purs. On dirait que sur ses flancs coulent du sable gris. Vallée qui s’élargit pour se coller et se couler aux montagnes. Le village fait comme une tâche blanche quand on le voit de loin. Puis plus on s’approche, plus il s’élargit, s’étale sur les roches. Il scintille de blanc et se détache dans la nature marron-sable. C’est un écrin, un bijou blanc, qui attire l’œil du passant sur la route. Une fois en haut, en ayant grimpé les multiples marches d’escalier, et ayant atteint la toute dernière pièce du monastère, on peut avoir une vue à 360° sur la plaine du Zanskar de Zangla à Padum et Sani. Incroyable ! Dans les encadrements des portes on a alors le plaisir de voir les sommets enneigées des montagnes environnantes, en plein été.

Le vent soufflait et soulevait les rideaux et les drapeaux à prière du monastère. Il soufflait, sifflait dans nos oreilles et semblait faire mouvoir le monastère sur lui-même, le mettant en lévitation, entrainant des tourbillons de sable, dans la vallée. Comme je me sens toute petite et frêle devant cette nature majestueuse, violente et tellement inattendue.

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La joie aussi, à travers les lampes à huile, de pouvoir regarder cette immensité : avoir les yeux accrochés à la montagne et son relief abrupt, comme si un mur nous arrêtait, dans notre élan de liberté. Seuls les nuages se mouvaient, au-dessus des montagnes, comme des nids d’aigles, en partance pour un nouveau monde. Parfois ils restaient accrochés à ces pics comme pour dire qu’ils étaient bien vivants.

Du haut du monastère on ne voyait que les terrasses des maisons, où normalement le bois devrait être empilé. En s’envolant de là, les oiseaux peuvent rebondir de toit en toit et s’approprier le village.

Puis descendant à travers la rue centrale, large de deux mètres, de marche en marche d’escalier, il est donné de découvrir le village et sa vue magnifique sur cette vallée, incroyablement large et mouvante. Les maisons sont accrochées aux roches, avec de toutes petites fenêtres, pour éviter au vent de s’engouffrer dans les pièces, et le long des portes, des peupliers se sont enracinés, dans le peu de terre, qui leur est offerte. Chaque porte est surmontée d’une tête d’animal, bouquetin ou autre. Cela doit être un porte-bonheur, pour conjurer le mauvais œil, ou empêcher le mauvais esprit de venir rôder. A plusieurs reprises je me suis arrêtée pour regarder la vue, m’imprégner de cet endroit si magique et apprécier le paysage environnant. Sur le toit de chaque maison volent les drapeaux à prière pour la protéger. Des contreforts de pierre peinte à la chaux tiennent les fondations des maisons et des escaliers autour. En fond on peut voir les rochers sur lesquelles s’agrippent les maisons. En se retournant on peut admirer l’enchevêtrement les unes dans les autres de ces dernières. Elles font des vagues comme la montagne environnante. Tout est à l’unisson dans la grande dame nature ! Puis on croise un énorme moulin à prière au virage d’un escalier. En le poussant on entend le cling de chaque roue, accomplissant son tour complet. Cling, cling et cling encore et encore….. Cela peut aller jusqu’à 108 fois ! Et au sortir de cette roue, on croise un chorten blanc, sensé contenir une relique de Bouddha. Au détour du chemin qui descend, on découvre une mère et sa fille, qui lavent le linge familial, dans le petit ru qui dégringole d’on ne sait où. Un peu plus loin une autre femme lave sa vaisselle, assise, avec sa peau de bête sur le dos et son bonnet de laine pour éviter de geler. Des enfants jouent, au coucher du soleil, avec l’eau gelée du seul point d’eau du village. Ils se trempent les pieds, s’éclaboussent tout en se riant !

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