
Il est un quartier très tendance aujourd’hui à Vilnius qui se nomme Uzupis.
Je vais vous raconter son histoire.
Il est d’environ 60 hectares (0,6 km2) avec quelque 7 000 habitants, dont 1000 sont des artistes. Il est séparé de la Vieille ville de Vilnius par la rivière Vilnia. Et vous passez vraiment un point avec plein de cadenas accrochés.


Vous changez de ville !!!
Elle a été fondée le 1er avril 1998, par les habitants du quartier. On le nomme aussi le quartier de l’autre rive.
Un peu d’histoire : Au XIVe siècle, les futures rues Malūnų et Užupio existaient déjà.
Au XVIe siècle, la partie nord du quartier appartenait à la Fraternités de l’Esprit, des prêtres orthodoxes. Dans la partie sud se trouvait l’église de l’Apôtre Bartholomew, qui appartenait aux Augustins. La première église, construite en bois, date de 1644 et fut détruite lors d’un incendie dû à la foudre. Reconstruite, toujours en bois, elle est remplacée, en 1788, par une église en briques par l’architecte Martin Knakfus. Elle-même est détruite en 1794, pendant l’insurrection de Kościuszko. Une nouvelle fois, l’église est reconstruite, en 1824, et son beffroi date de 1881. Le monastère des Bernardins, l’un des bâtiments les plus anciens d’Uzupis date de 1495. Les premiers ponts entre le quartier et Vilnius datent du XVIe siècle et, à l’époque, en dehors des religieux dans leurs monastères, la plupart des habitants sont des Juifs. La majorité de la population juive du quartier a été tuée durant l’Holocauste, puis c’est le vieux cimetière juif qui est rasé par les Soviétiques dans les années 1960. Les maisons encore debout sont alors occupées par des marginaux, des personnes sans domicile, des prostituées et, peu à peu, par des artistes. Peu à peu, l’effervescence artistique du lieu a transformé Uzupis en lieu de bohème, sorte de Montmartre lituanien. Le 1er avril 1998, les résidents du quartier déclarent la création de la République d’Uzupis, avec ses citoyens, ses lois, sa Constitution, et ses dirigeants. Le drapeau de la République représente une paume de main dans un cercle sur un fond blanc. Suivant la saison, la couleur du cercle change : bleu en hiver, vert au printemps, jaune en été et rouge en automne. Elle est aussi dotée d’une armée régulière de 12 hommes. La République a aussi officiellement enregistré une maison d’édition, aussi nommée La République d’Uzupis, qui sert d’interlocutrice avec la mairie de la ville. Elle a aussi 500 ambassadeurs à travers le monde.
Uzupis a accordé le titre de Citoyen d’honneur à quatre personnalités internationales : le 14e Dalaï-lama, qui visita la République en 2013, et y revint pour planter un arbre dans le square du Tibet, le 12 septembre 2010 ; le réalisateur Jonas Mekas ; et les écrivains Ugnė Karvelis et Zenonas Šteinys.
Élaborée par les poètes lituaniens Romas Lileikis (en) et Tomas Čepaitis, elle est traduite dans plus de 60 langues différentes et exposée sur un mur proche du café Uzupio picerija.
En 2018, lors de la visite du pape François en Lituanie, celui-ci bénit une version en latin de la constitution. Elle est ensuite dévoilée officiellement le jour de la Saint-François, 4 octobre.
En 2019, une annexe à la Constitution est signée entre le ministre des Affaires étrangères, l’ambassadeur en Allemagne, l’expert en intelligence artificielle Alex Waldmann et le robot humanoïde Roboy : « Toute intelligence artificielle a le droit de croire en la bonne volonté de l’humanité ». Ceci fait de la Constitution uzupienne la toute première au monde à mentionner l’intelligence artificielle.


Elle a une constitution qui comporte 41 points et traduites en plusieurs langues (60) dont le français sur un des murs :
L’Homme a le droit de vivre près de la petite rivière Vilnia et la Vilnia a le droit de couler près de l’Homme
L’Homme a le droit à l’eau chaude, au chauffage durant les mois d’hiver et à un toit de tuile
L’Homme a le droit de mourir, mais ce n’est pas un devoir
L’Homme a le droit de faire des erreurs
L’Homme a le droit d’être unique
L’Homme a le droit d’aimer
L’Homme a le droit de ne pas être aimé, mais pas nécessairement
L’Homme a le droit d’être ni remarquable ni célèbre
L’Homme a le droit de paresser ou de ne rien faire du tout
L’Homme a le droit d’aimer le chat et de le protéger
L’Homme a le droit de prendre soin du chien jusqu’à ce que la mort les sépare
Le chien a le droit d’être chien
Le chat a le droit de ne pas aimer son maitre mais doit le soutenir dans les moments difficiles
L’Homme a le droit, parfois de ne pas savoir qu’il a des devoirs
L’Homme a le droit de douter, mais ce n’est pas obligé
L’Homme a le droit d’être heureux
L’Homme a le droit d’être malheureux
L’Homme a le droit de se taire
L’Homme a le droit de croire
L’Homme n’a pas le droit d’être violent
L’Homme a le droit d’apprécier sa propre petitesse et sa grandeur
L’Homme n’a pas le droit d’avoir des vues sur l’éternité
L’Homme a le droit de comprendre
L’Homme a le droit de ne rien comprendre du tout
L’Homme a le droit d’être d’une nationalité différente
L’Homme a le droit de fêter ou de ne pas fêter son anniversaire
L’Homme devrait se souvenir de son nom
L’Homme peut partager ce qu’il possède
L’Homme ne peut pas partager ce qu’il ne possède pas
L’Homme a le droit d’avoir des frères, des sœurs et des parents
L’Homme peut être indépendant
L’Homme est responsable de sa Liberté
L’Homme a le droit de pleurer
L’Homme a le droit d’être incompris
L’Homme n’a pas le droit d’en rendre un autre coupable
L’Homme a le droit d’être un individu
L’Homme a le droit de n’avoir aucun droit
L’Homme a le droit de ne pas avoir peur
Ne conquiers pas
Ne te protège pas
N’abandonne jamais
La déclaration était simultanément un poisson d’avril (entièrement intentionnel), un manifeste sur le droit d’une communauté à s’autodéfinir (entièrement sérieux), une œuvre d’art public conceptuel (très lituanien dans sa combinaison d’humour et de sincérité), et une opération de valorisation de lieu très efficace qui transforma la valeur des propriétés dans le quartier au cours de la décennie suivante.
Le 1er avril 2002, la statue d’un ange soufflant dans une trompette est dévoilée sur la place centrale d’Užupis. La sculpture en bronze créée par le sculpteur Romas Vilčiauskas et l’architecte Algirdas Umbrasas est devenue un lieu de rencontre populaire. L’Ange d’Užupis honore la mémoire de Zenonas Šteinis, un artiste et membre actif de la communauté. Romas Vilčiauskas est également le créateur de La Sirène d’Užupis. Et tous les ans à cette date il y a une grande fête.
Aujourd’hui la ville s’est étendue et est en train de se gentrifuger avec des nouvelles habitations et y habite des gens assez riches pour pouvoir y acheter maisons et appartements. Le soir les gens se retrouvent entre amis pour boire une bière.
Mais entrons dans cette république !
Je n’ai peut-être pas pris le bon chemin mais peu importe : le Tibet m’attendait et j’ai été très surprise avec les moulins à prière et le petit temple rond aux couleurs bleues avec les moins en rouge carmin avec leurs coiffes sur la tête et les montagnes enneigées du Tibet.




La tête de mort à la Frida Khalo qui vous interdit de toucher au matériel électrique qui se trouve à l’intérieur.

Puis en continuant dans les rues pavées on atteint la fameuse place avec la statue d’un ange soufflant dans une trompette.

Le plus drôle dans tout cela c’est voir le côté « bobo » du quartier avec ces galeries et ses femmes qui se font photographier et pose dans de jolies tenues.



Les murs des anciennes maisons un peu délabrées il faut le dire sont des lieux où le street-art fait son apparition, où les boutiques ont de jolis portiques pleins d’humour.





On peut même y découvrir le manteau de Vivulskis – sculpture réalisée par Antanas Vivulskis qui avait donné en 1919 sont manteau à une personne souffrant du froid, mort quelques jours après de pneumonie.

Voilà une belle balade dans un lieu surprenant par son histoire, son humour.


Paris le 12 juillet 26.
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