
Cela faisait très longtemps que je cherchais à visiter cette maison qui se trouve Villa Seurat au tout début de l’impasse dans le 14e à Paris.
Et voici c’est fait et j’en suis ravie et émerveillée par tout ce que j’ai vu.
Cette maison a été construite dans les années 1925/28 par le frère de Jean Lurçat architecte (André Lurçat) et elle est dans le plus pur style moderne art. Elle a été léguée par la troisième femme de Jean Lurçat à l’Académie des beaux-arts et elle a fêté son centenaire en 2025.
Dans une impasse très calme et aux autres maisons dans le même style se trouve cette maison au carré très pur et au design au cordeau. Blanche en extérieur, colorée en intérieur. Elle se laisse découvrir et on peut voir qu’elle a été construite de manière tarabiscotée en intérieur. Ce qui en fait son charme.
La grille de la porte d’entrée de la maison porte les initiales JL expurgée. Elle a été réalisée par le ferronnier d’art Raymond Subes.
On entre par une autre porte qui donne sur une petite pièce sombre avec des photos des maisons réalisées par André Lurçat dont une à Versailles dans une impasse près d’une église. Pas visitable bien sûr mais cela sera un jeu de piste pour la découvrir peut-être un jour.



Cette pièce servait de bureau.
Puis on entre dans une autre pièce par un escalier et on peut admirer le jardinet. Cette pièce était une serre qui fut le bureau de Simone. On y découvre des photos de Lurçat et une peinture de lui.





Derrière cette pièce il y avait une courette fermée à ce jour par une verrière. Et là des pièces magnifiques nous apparaissent : une tapisserie, des vases, des assiettes. La tapisserie comme toutes les tapisseries que nous verrons sont incroyablement belles. Cette dernière s’appelle la femme à la corbeille. Elles ont toutes été réalisées soit à Aubusson, soit par une de ses trois femmes.





Regarder une tapisserie de Lurçat c’est comme entrer dans un livre de poésie, soit découvrir un paysage et chaque morceau s’imbrique l’un dans l’autre. La nature est là avec des fleurs, les fruits, des gouttes d’eau stylisées. Ici il y a le M de Marthe Hennebert C’est un ravissement des yeux et un chatoiement des couleurs.
Puis nous montons dans les étages pour découvrir la chambre du couple avec la salle de bains et vue sur la courette, la chambre du fils adoptif de Lurçat et l’escalier avec une peinture de Lurçat. Fils adoptif qui mourra en 1944 car entré dans la résistance sans que Lurçat et sa deuxième femme ne le sachent.






Car cet homme est non seulement un peintre mais aussi un tapissier ainsi qu’un céramiste même s’il réalise seulement les dessins.
Dans la chambre on découvre un lit meuble – pur style 1930 en bois de sycomore suspendu au mur avec un battant et des tiroirs intérieurs. Au mur des toiles de Jean Lurçat très symbolistes et presque cubistes. Toutes les chaises ont été brodées par ses femmes sur les modèles réalisés par Lurçat.
La deuxième chambre verte est illustrée de dessins appartenant à des livres de poèmes de Walt Whitman où les poèmes sont en forme d’animaux.
Lurçat a aussi réalisé un livre Utopies où il présente de manière désabusée les rôles et métiers de l’homme.
J’ai trouvé magique des dessins et ces poèmes. On est dans un rêve illustré.
Puis à nouveau un escalier avec une tapisserie dans les couleurs ocre, vert et blanc où chaque détail donne un élément de la tapisserie. Grandes feuilles, feuilles de palmier et oiseaux sorte de colibris volant, papillons et grosses libellules. C’est juste féérique.





Puis on entre dans la pièce principale le séjour avec la cuisine toute jaune attenante et une autre petite pièce.
Là c’est la féérie des couleurs surtout de la tapisserie jaune et celle de l’autre côté rouge sur l’oiseau de feu cosigné avec Louis Aragon. Le sol est en bois de macassar et en marbre vert des Pyrénées. La tapisserie dite Villa Seurat a été tissée à Aubusson spécialement pour la taille du mur de la villa. On se trouve dabs un univers cosmogonique de Lurçat et cela vaut le coup de regarder les détails. Le soleil qui crache de la lave rouge. Un arbre couvert de feuilles et d’oiseaux, de papillons vous fait miroiter un monde joyeux. Dans le soleil on peut y voir des étoiles, des montagnes, des arbres aux fleurs clochettes rouge ou marron et autour des coquillages plus dantesques les uns que les autres.









L’oiseau de feu sur fond grenat, sorte de coq aux ergots bien formés, chante les vers d’Aragon que je vous laisserais lire. Et les jolies feuilles qui ornent tout le pourtour de la tapisserie. C’est juste enchanteresse.
Chaque siège représente une sirène. Je vous laisse admirer les sièges et les dessins.
Puis on grimpe par un escalier au dernier étage qui était un espace de travail et s’est transformé en salon avec vue sur une terrasse extérieure. C’est l’unique terrasse de la rue. Terrasse dont le carrelage est rouge (tomette) mais décorée de carreaux d’oiseaux, des visages, des fleurs etc.





On peut y voir les œuvres peintures réalisées par Jean Lurçat dont le charmeur de serpents.
Il y a un tapis qui pourrait ressemble à un tigre mais qui semble être aussi le visage d’un homme avec des lunettes. Et oh miracle dans le mur en ouvrant deux battants on découvre un sofa caché !







Le sofa et la bibliothèque toujours dans le même style. Et surtout la fameuse chaise à trois pieds.

Pour la petite histoire les murs de la maison ont été recouverts de plusieurs peintures et on peut le voir car des morceaux dans les murs ont été laissé pour les revoir.

Je vous laisse découvrir à travers les photos tout cela.
Puis en ressortant je me suis baladée dans l’impasse et j’ai découvert une autre maison qui se visite sur rdv : Chana Orloff, sculptrice. Pour une autre fois !


Lien : https://www.institutdefrance.fr/lepatrimoine/maison-lurcat/
Paris le 12 juin 26.
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