
C’est la première fois que j’écris sur un film et celui-ci est d’une grande importance à mes yeux.
Un très beau film qui retrace les 11 derniers jours d’enfer qu’a vécu Samuel Paty avant d’être décapité à la sortie du lycée en rentrant chez lui.
Pas de pathos, pas de jugement juste des faits qui montrent la montée en puissance de la fatwa lancée contre ce professeur d’histoire géographie.
Lors d’un cours sur la liberté d’expression et de la caricature il a présenté les images de Mahomet de Charlie Hebdo et prévenu que pour ne choquer aucun des élèves – certains pouvaient sortir de cours.
De là part ce terrible enchainement de mensonges en mensonges (une élève qui se prend dans sa propre histoire), d’interprétation et d’amplification d’une rumeur qui va aboutir à la mort violente d’un homme qui faisait juste son cours et voulait donner des clefs à ses élèves tout en respectant le programme de l’Education Nationale.
Il a été assassiné le 16 octobre 2020 par un tchétchène djihadiste – cela fait six ans.
Dans ce film est parfaitement décrit la montée de la violence des propos des islamistes, du mensonge d’une élève et surtout le travail de déshumanisation et d’amplification des réseaux sociaux.
On peut aussi voir l’engrenage de l’administration française et de sa non-intervention – police qui ne tient pas compte des alertes de Pharos mais aussi rectorat dans l’incapacité de gérer la situation et de protéger physiquement cet homme ; les soupçons de ses collègues qui craignent la montée de la violence ; ceux qui au contraire vont le soutenir moralement. Le mensonge de la gamine qui s’enferre dedans et qui se prend au jeu tout en voyant que cela va aussi trop loin. Le père de cette gamine qui est endoctriné par l’islamiste et emporté par sa propre violence. Et le tout relayé sur les réseaux sociaux qui devient viral et nauséabond.
Et surtout la peur qui s’instaure et qui vous glace les os. La pression et la faute que l’on veut lui mettre sur le dos. Il est superbement montré la peur qui se fait dans la tête de Samuel Paty qui regarde partout par où il passe ; qui a un marteau pour se défendre et qui s’angoisse pour son fils qu’il a en garde partagé. Comme si avec un marteau et une capuche sur la tête on pouvait éviter le pire.
Et puis surtout la fin est encore plus terrible lorsque l’on voit les peines qui ont été appliquées – ridicules en vertu de la décapitation d’un homme qui plus est un professeur.
J’ose espérer qu’il pourra être panthéonisé rien que pour l’exemple de la barbarie qu’il a subi pour avoir juste enseigné ce que l’éducation nationale a écrit dans son programme.
Je vous recommande d’aller voir ce film en mémoire de ce professeur, de cet homme et de sa famille. C’est un devoir envers lui.
Film basé sur les pages de l’instruction et du jugement qui a eu lieu.
Paris le 3 juin 26
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