
Manager de transition je suis et chaque mission est un voyage à l’autre bout du monde et je sais de quoi je parle étant globe-trotteuse in vétérée.
Je suis dans la position de l’explorateur qui part à la découverte d’une nouvelle culture, d’un nouveau pays et d’un nouveau paysage qui se nomme entreprise. Chaque mission ayant ses particularités.
Et c’est pourquoi le management de transition me va comme un gant.
Je ne pars pas complètement à l’aventure puisque je vais m’imprégner d’un brief reçu de l’EMT. Internet ou l’ IA seront mes meilleurs amis puisqu’ils vont me permettre de regarder la fiche d’identité du potentiel client comme pour les guides de voyages ou les blogs de voyageurs. A tourner les pages on en apprend beaucoup mais cela n’est pas suffisant.
Ma connaissance du client va se compléter avec un entretien voire plusieurs et finalement je vais intégrer l’entreprise puisque retenue pour la mission. C’est comme interroger une agence de voyage pour avoir le meilleur du meilleur tout en sachant que l’imprévu est au tournant de la rue ou du couloir.
Une fois la porte de l’entreprise poussée, comme le passage des frontières et le passeport validé avec son visa et le tampon d’entrée, je m’embarque dans le plus long, le plus puissant, le plus indélébile des voyages : je vais rencontrer des obstacles inconnus ou connus de moi. L’expérience et ma méthodologie étant là pour en diminuer les imprévus.
Je parcours des dizaines de bureaux, je rencontre des directeurs opérationnels, j’observe, je prends des notes, j’analyse les chiffres, cartographie, met tout sous fichier Excel et j’écris mes résumés le soir comme lorsque je voyage. Moment où je synthétise ma journée de voyage, tout ce que j’ai pu voir, les anecdotes les plus piquantes et les points critiques dont il faudra se souvenir pour faire le diagnostic et partager la stratégie à venir. Et surtout éviter les chausse-trappes, savoir qui est sponsor/facilitateur et qui est un opposant. Il ne faut absolument rien perdre des premières images et étonnements qui feront nos premières intuitions.
Impression de grimper une montagne comme le Kilimandjaro ou bien de fouler le désert et je capture comme une « flâneuse », j’investie l’entreprise et capture tout ce qui me permettra d’avancer. Parallèlement je suis regardée, attendue, détaillée mais je suis aussi celle qui regarde le paysage qui s’offre à moi.
Mais la lenteur n’est pas de mise car il faut gérer les dossiers qui attendaient.
Une fois la stratégie rendue il n’y a plus qu’à délivrer et c’est là que commence la montée de l’Everest avec la joie de fouler et ouvrir les dossiers ; les moments de lassitude et d’essoufflement lorsque les demandes s’empilent comme lorsque l’oxygène manque et puis l’énergie qu’il faut aller chercher au fond de soi pour atteindre le sommet. Dans les voyages il y a ce fameux troisième jour où la fatigue se fait sentir, changement de rythme, de pays, de hauteur et puis tout repart comme avec un « Mars ». (Mars et ça repart !)
Il y a les moments de gratitude lorsque toutes les directions sont alignées et que l’on peut dérouler son programme – c’est comme la voie lactée qui s’ouvre sous vos yeux – que du bonheur !
Il y a les moments critiques où rien ne se passe comme potentiellement prévu – comme lorsque l’on loupe son train ou son avion qui permettait de rejoindre la prochaine étape du voyage. Alors on prend sur soi et on recherche la bonne solution. Et on y arrive. Dans l’entreprise le partage et la communication se font à la machine à café et plus sérieusement au Codir.
Et ainsi va la mission jusqu’à son terme où vous concluez et passez le relai au nouveau recruté.
Le voyage est terminé. Retour à la case intermission avec réacclimatation à la vie en transition jusqu’à la prochaine mission.
Merci à @Catherine Pompéi qui m’avait suggéré de démarrer une mission comme un voyage à l’étranger. Je l’ai toujours en tête.
Laisser un commentaire