
Lee Miller cette grande mannequin, amoureuse passionnée de Man Ray et grande photographe qui voyagea de par le monde et travailla pour Vogue.
Née en 1907 et morte en 1977 elle aura parcouru presque le 20e siècle dans son entièreté et surtout aura vécu tous les grands évènements qui l’auront marqué.
Cette exposition retrace sa vie à travers ses photos, son passage par Paris avec les surréalistes, Cocteau et Picasso, sa vie en Egypte après son mariage avec l’homme d’affaires Aziz Eloui Bey et surtout la seconde guerre mondiale où elle est la reporter de guerre pour Vogue. Elle suivra la guerre en Angleterre puis en France et jusqu’en Allemagne (Munich entre autres). Puis elle finira sa vie à Fairley Farms avec son mari Roland Penrose et son fils Antony où elle décédera d’un cancer. C’est une vie bien remplie et faite de rencontres, d’évènements importants de ce siècle. Rien ne l’arrêtera et elle sera énormément marquée par ce qu’elle a vu dans les camps de concentration nazis. Elle sera poursuivie toute la fin de sa vie par ces images. Je dirais que sa vie est une effervescence, une ébullition permanente.
L’exposition suit des thèmes mais je vais surtout vous faire part des coups de cœur que j’ai eu.
Tout d’abord les photos de défilé de Lee Miller ou ses portraits lorsqu’elle était mannequin pour Vogue.


Puis les « queues de rats » qui m’ont amusé en particulier si bien arrangées et tous en rang avec les queues qui pendent ! Les rats ont pris la pause.

Celle avec la cage à oiseaux de 1931 avec les chiens miniatures qui contrastent avec le bouquet de fleurs. Impression d’Inde ou de Chine et de voyages.

Puis des poses érotiques avec ces fesses présentées à tout vent et ces mains qui les touchent. On a envie de les caresser. Photo réalisée par Man Ray et qui porte le nom de « la prière ».

Puis la nature qui est importante surtout lors de sa vie en Egypte. Les coquilles d’escargot sur ces branches d’arbres qui rend le tout surréaliste et hors champ. Le contraste entre le blanc des coquilles et le ciel noir proche de l’orage est frappant.

Et cette photo dans un cadre et ce voile arraché qui laisse passer le paysage comme s’il nous permettait de nous relier au désert. Une entre-ouverture sur le monde désertique – très beau.

Des vues de la Syrie – je ne pense pas que cela soit Palmyre mais qui sait ? Le désert caillouteux, les vagues de dunes et ses tours ainsi que ces colonnes plantées là comme un passé éploré.

Et ce tableau photo du sable travaillé par l’humidité ou l’eau qui fait des rainures et comme des corps élancés qui s’étirent pour ne plus s’arrêter de grandir. Je trouve cette photo magnifique, pleine de poésie et donnant envie de se fondre en elle. Cette photo porte bien son nom « la procession ». Quand on la voit de plus près on dirait du coton ou de la laine entremêlée et des corps plus ou moins assis en prière. Elle est à mes yeux magnifique et touchante.


Il y a ce collage comme une peinture avec au milieu une photo de femme en noir et blanc, contrastant et faisant face aux autres portraits de profil de visages de femmes. Là encore on pourrait croire à une prière. Il s’agit du portrait en ombre d’Eileen Agar en un face à face.


Puis on revient à des photos de Lee Miller devant le bâtiment de Vogue à Londres en 1943 avant qu’il ne soit bombardé. Et à partir de là on entre dans la seconde guerre mondiale et ses horreurs.

Là encore Londres avec cet arbre au milieu du danger de la guerre. Il reste encore un peu d’humain dans cette photo. S’il ne restait que lui, cet arbre !

Une femme qui plie les parachutes en 1941et les photos de reportage en Allemagne et en France, libération de Saint Malo, de l’Alsace où elle participa en tant que reporter de guerres avec les soldats américains. Même si le paysage est triste je trouve rigolo cette photo des fils télégraphiques emmêlés les uns dans les autres et surtout le titre « ligne directe avec Dieu » ! L’humour est là malgré la noirceur de la vie. Les tirailleurs sénégalais habillés de blanc comme des nonnes !






L’opéra de Vienne entièrement dévasté. Et les portes avec ce modern art avec l’affiche « garage à vélo » – Humour quand tu nous parle !


Et la fameuse photo de la baignoire d’Hitler dans la maison de Munich où elle s’est baignée.


Nous ne verrons pas de photos de guerre ni des camps de concentration même s’il y avait une salle où nous pouvions voir les malheureux rescapés.
Et sa fin de vie en cuisinière à Fairley Farms.

Et pour terminer cette photo touchante de son fils avec Picasso devant cette femme ficelle de fer.

Très belle exposition, très forte et impressionnante par la couverture d’un siècle, d’un monde culturel et le fruit d’une vie.
Lien : https://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-lee-miller
Livre : Lee Miller dans l’oeil de l’histoire, une photographe de Carolyn Burke collection Autrement.
Paris le 5 mai 26.
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