La Tranzalpine Train – Christchurch à Greymouth – transversale sur l’ile du Sud – 3e épisode


Pour reprendre mes errances à travers le Nouvelle Zélande, un des aspects que j’ai adoré, a été de voyager en train et je m’en suis donné à cœur joie.

Ceci n’est pas de tout repos car il faut se lever tôt (6 H 15) pour prendre le train à la gare de Christchurch, à l’autre bout de la ville, et surtout y être à l’heure car le train n’attend pas. 8h15 c’est comme chez les japonais on est ponctuel. Sinon on court après le train !

Ne pas oublier de faire enregistrer ses bagages et hop là on doit attendre d’être invité à entrer dans les wagons sinon retour sur le quai illico presto. Et à 8h du matin il fait froid, gris et il pleut comme d’habitude chez les kiwis !

Et puis à nouveau l’information de départ et nous voilà sur les rails pour découvrir les routes qui traversent d’est en ouest l’ile du sud pour relier Christchurch à Greymouth vers la mer de Tasman. Un train qui va de l’océan Pacifique à la mer de Tasman.

Le trajet est plat dans un premier temps et permet de visualiser les plaines de Canterbury avec les cultures de blé entre-autre, puis petit à petit, la montée se fait lente et progressive pour atteindre les 715 mètres d’Arthur Pass, le col des Alpes du sud, pour redescendre vers Greymouth. Plaines verdoyantes qui sont entourées de collines cachées par des nuages de brouillard ensoleillés. On peut sentir que cette région est le grenier à blé de l’ile du sud. Lentement, car le train roule doucement, nous arrivons à Springfield où nous commençons à voir les contreforts des Alpes et les montagnes enneigées au lointain. Car l’ile du sud est coupée en deux en son centre par les Alpes du sud qui avec les tremblements de terre font que les chaines de montagnes, les glaciers augmentent en hauteur. Phénomène incroyable !

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Et à partir de cet arrêt, en no men’s land, avec de vieilles locomotives rouillées, d’un autre siècle, nous allons parcourir des paysages à couper le souffle tout autour des Alpes, mais aussi des rivières comme celle de Waimakariri à la couleur bleue délavée, dont les gorges font des boucles tout le long du trajet jusqu’à la gare d’Arthur Pass. On commence par voir des forêts et bush néo-zélandais aux arbres immenses qui grandissent le long des berges de la rivière, pour finir par passer un certain nombre de ponts en fer, croiser et recroiser cette rivière au cours tarabiscoté qui longe les montagnes et s’imprègnent du mouvement de ces dernières. C’est juste un émerveillement des yeux sur plusieurs kilomètres et un enchantement à chaque virage.

Une boucle, une couleur différente, une profondeur différente, un espacement différent qui vous tiennent en éveil et permettent au photographe de se régaler. Les montagnes nous donnent l’effet d’être pelées. En même temps on peut se rendre compte de l’élévation, due aux tremblements de terre, par l’éclatement des roches, rendant le calcaire visible à nos yeux. On atteint les plaines de Craigieburn à travers des tunnels, au nombre de 15 et de quatre viaducs, dont celui que l’on nomme le viaduc en forme d’escalier qui a 72 mètres de hauteur. Toute cette partie me rappelle la beauté des plaines de Patagonie avec ces touffes d’herbes raides et sèches. Un monde abandonné où l’on ne peut que rencontrer un homme et son cheval chevauchant les grandes prairies. Un monde où même les moutons ont déserté ce lieu. Un monde désert dont la beauté vous prend les entrailles par le côté majestueux, pur où les plateaux côtoient les montagnes et donnent l’impression de se rejoindre, de s’interpénétrer et se lient à jamais. Vue de l’esprit ou réalité – nul ne le sait et peu importe. C’est un sentiment fort qui me tient le corps et le cœur. Voyager met toujours les paysages en perspective d’autres voyages réalisés et d’autres lieux qui se ressemblent.

Avec les rivières ou les fleuves on aperçoit de plus en plus souvent des ponts d’acier pour enjamber et traverser ses eaux tourbillonnantes, vibrantes de vie, s’écoulant et s’élargissant au gré des crues ou de la sécheresse. C’est un moyen comme dans l’Himalaya de pouvoir rejoindre des villages perchés on ne sait où. Et bien là aussi on retrouve les mêmes ponts suspendus.

Et puis on va enfin atteindre la ville chétive d’Arthur Pass à travers le plus long tunnel (8,5 kms) du monde et de Nouvelle Zélande. Il fut construit en 1923 et se nomme Otira. Il est important car à partir de ce moment-là, la côte ouest était reliée à l’est.

Et puis nous apercevons les montagnes enneigées qui culminent pour certaines à 2 000 mètres d’altitude.

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Mais arrêtons-nous à Arthur Pass. Là on peut enfin descendre du train pour vaquer sur le quai et se détendre les jambes. C’est le lieu où beaucoup de touristes s’arrêtent pour aller faire de la randonnée et faire des treks dans le parc Arthur Pass. On est à 740 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui n’a rien d’exceptionnel ! On se trouve à cinq kilomètres du col du même nom. La ville s’étire en longueur et sa minuscule gare, en forme de chalet de bois blanc, est juste charmante. L’intérieur est encore plus incroyable avec sa peinture ou fresque qui représente tous les chemins qui peuvent être empruntés et les points remarquables des alentours. Il y a surtout les montagnes hautes avec des pics atteignant 2 000 mètres d’altitude, restant souvent enneigées et la représentation du train sortant du tunnel. Les oiseaux typiques de cette région ainsi que les animaux comme les daims sont dessinés aussi. Tout cela vous met dans l’ambiance de la montagne et donne envie de s’y installer pour quelque temps. J’ai trouvé cette fresque rafraîchissante comme le lieu qui date de 1915. Il a été reconstruit après avoir été détruit par un incendie en 1966. Dans le temps les gens étaient transportés en carioles et Arthur Pass était un endroit où les gens se rafraichissaient dans des salons de thé. Encore plus improbable !

Au bout de quinze minutes, après qu’un wagon entier se soit vidé de ses voyageurs, marcheurs et randonneurs, nous avons repris notre transhumance le long des rivières Otira et Taramakau pour finir par atteindre le magnifique lac Brunner et la ville de Moana. Puis on rejoint la rivière Arnold (20 kms de longueur) qui se jette dans la rivière Grey (grise) et enfin atteindre Greymouth.

Ville qui n’a aucun charme mais qui est la porte vers la côte ouest et ses beautés. Je n’avais qu’une hâte : quitter ce lieu et filer retrouver les pancakes de Punakaiki avec la mer de Tasman à mes pieds.

Février 2020.

Liens :

https://www.greatjourneysofnz.co.nz/tranzalpine/experience/the-journey/

https://www.youtube.com/watch?v=eneyl7mEmBk

 

Catégories :Nouvelle Zélande, OcéanieTags:, , , , , , , , , , , , , , ,

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