Musée du Petit Palais – Eva Gonzalès


Une très belle découverte que cette inconnue peintre qui a croisé Manet et tant d’autres, qui a participé à des expositions et qui parfois n’a pas pu exposer.

Je me suis rendue au Petit Palais entre midi et deux pour apprécier cette peintre et je n’ai pas été déçue.

Eva Gonzalès est contemporaine de Berthe Morizet, de Marie Bracquemond et de Mary Cassatt. Eva Gonzalès (1847-1883) retrouve la place qui lui revient dans l’histoire de la peinture. Formée dans l’atelier de Charles Chaplin et unique élève de Manet, qu’elle préfère au cercle impressionniste, elle est emportée à trente-six ans quelques jours après la naissance de son fils, au sommet de son talent. On découvre une femme au talent incroyable.

L’exposition met en lumière une œuvre subtile servie par une touche fluide et lumineuse. Gonzalès puise ses sujets dans son cercle familial et amical, saisi dans son quotidien bourgeois. Réunissant près de 100 oeuvres – peintures, pastels et gravures.

L’œuvre de l’artiste étant disséminée dans le monde entier, de prestigieux prêteurs institutionnels, américains et européens (Denver Art Museum, Dallas Museum of Art, The Art Institute de Chicago, National Gallery de Londres, Kunsthalle de Brême, Musée d’Orsay notamment) et de nombreuses collections privées, ont généreusement accepté de participer à l’exposition.

Tout commence par l’affiche à l’entrée qui présente cette femme allongée dans son lit et ses draps comme alanguie et aguicheuse. Cela laisse à présager que le programme des portraits sera grandiose. Et il le fut.

Beaucoup de femmes assises qui jouent du piano, regardant par la fenêtre ou jouant de la harpe. Tout un monde de musique et de beautés ! Mais aussi le tableau de la toilette avec les deux sœurs aux visages purs et à la beauté évanescente.

Et celle avec le moineau et cette femme au dos nu qui se présente de dos avec ces fleurs dans les cheveux.

J’ai énormément aimé cette femme au chapeau bleu qui se font dans la couleur marron du tableau.

Son portrait réalisé par Manet nous permet de comprendre l’influence de ce dernier dans l’œuvre d’Eva Gonzalès.

Et le portrait d’Henriette dans ce voile qui encadre son visage et donne une pureté démente à ce joli minois. Il fait ressortir le visage pâle, les lèvres peintes de rouge et les cheveux châtain de la jeune fille.

Il y a un moment dans l’exposition qui m’a fait beaucoup rire ce sont les tableaux sur le fameux chien Azor dans toutes les poses et sur des éventails.

Et puis il y a les paysages autour de Dieppe avec les enfants qui jouent ou bien les plages à marée basse ou les bateaux.  Toutes les couleurs se fondent les unes dans les autres. Cela fait penser à Marquet.

Ou bien à Turner avec ce ciel rose.

Et l’influence de Manet est importante avec cette femme et son ombrelle, cette autre assise proche d’une niche avec des chiots. Car l’artiste est toujours entourée de chiens.

Et cette jeune femme à l’alcôve dans cette pose avec le bras et la repliée sur sa chevelure. Un geste simple mais empreint de candeur.

Cette femme avec sa plante favorite qu’elle arrose lorsque l’on voit le détail. Ou bien cette femme assise avec la perruche verte, toute de rose vêtue.

Et ce tableau « dans le parc » qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un Renoir.

Ou encore le portrait de cette femme à Honfleur avec Azor le chien. Et le tableau réalisé par sa sœur Jeanne de son beau fils Jean Raimond Guérard fils d’Eva, morte à 36 ans, quelque mois après la mort de Manet.

En ressortant de l’exposition je me suis promenée jusqu’aux Invalides par un soleil d’automne et les fleurs qui rayonnaient.

Allez voir cette exposition d’une artiste inconnue et qui vaut le coup d’œil et pas seulement !

Lien : https://www.petitpalais.paris.fr/decouvrir-la-programmation/expositions/eva-gonzales

Paris le 18 octobre 26

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