Un été avec Romain Gary de Maria Pourchet – Editions des Equateurs


J’ai découvert cet été en allant en Lituanie et à Vilnius que Romain Gary y était né et qu’il y avait une plaque devant l’immeuble où il a vécu de 1917 à 1923. Maison évoquée dans « la promesse de l’aube ». Cela m’a beaucoup ému car quand on connait le parcours de vie et l’œuvre de Romain Gary on ne peut que se recueillir en ce lieu.

Puis cet été j’ai lu le livre de Maria Pourchet dont le titre « un été avec Romain Gary » a continué de me lier à cet auteur.

L’autrice fait un récit de son approche de l’œuvre et de la vie de Romain Gary et de ses nombreux pseudonymes.

Vingt-huit chapitres pour vous faire découvrir ce « monstre » de la littérature française et de cet homme amoureux.

Ecrivain ayant quarante livres à l’appui, huit pseudonymes dont le plus connu est Ajar, deux prix Goncourt sous deux noms différents.

C’est un homme infatigable de la vie et passant dans ce monde de la comédie humaine avec effroi, angoisse, turpitudes, amours et à la fin le suicide.

Elle valse ou forme un tango avec Romain Gary et nous décrit comment elle parcourt sa vie et son œuvre. Elle lui consacre un été amoureux et nous le fait découvrir sous tous ses aspects tout en le raillant, en l’aimant et en nous l’aimantant.

Tous les chapitres nous font part d’un moment de la vie de Romain Gary, de la place de son enfance à Varsovie pendant la deuxième guerre mondiale en tant que juif, de la place de sa mère Mina à qui il devra de toujours être à la hauteur de ses attentes et espoirs. Toute sa vie il cherchera à répondre à cette femme. « Tout ce que ma mère voulait j’allais lui donner ». Romain Gary à huit ans.

Puis il est boulimique dans la vie, il ne tient pas en place pendant la grande guerre, part avec de Gaulle, puis devient ambassadeur et va de pays en pays. Il écrit quarante livres qui seront tous différents. Il aura de nombreuses femmes dans sa vie mais quelques-unes comme Lesley Blanch lui donnera le temps pour l’écriture et puis Jean Seberg qui se suicidera. Et tant d’autres qui passeront dans sa vie. Car c’est un Don Juan ou un Casanova. Il dévore tout sur son passage et aime à la folie. Il fait partie de ses étoiles filantes qui brillent, étincellent et disparaissent à jamais dans firmament. Là c’est dans la Méditerranée que ses cendres ont été répandues.

Son livre, délicieux, ne m’aura occupée que quelques jours. Et encore parce que je l’ai volontairement fait durer. Quel plaisir de lecture !

Le choix de la lettre ouverte est parfait. Il permet des familiarités et un ton léger qui conviennent parfaitement au grand Gary. Ainsi que de charmantes allusions au vécu de l’auteure.

Ce livre ne se contente pas de narrer sa vie, il éclaire aussi ses romans, ses choix personnels et sa vision du monde. L’autrice nous permet de mieux comprendre l’homme derrière l’écrivain.

« Mon devoir d’écrivain est de gueuler comme un écorché. »

La forme, enlevée, donne envie de lire et relire les romans de ce monument de la littérature.

Courez lire ce livre et relisez tout Romain Gary – ce que je fais faire moi aussi. Paris le 29 aout 26.

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