
Comme le titre le dit c’est un livre inoubliable qui m’a transporté entre la France et le Japon ou bien le Japon vers la France.
L’histoire avec un grand H pendant la seconde guerre mondiale et la musique avec une grand M.
La musique avec les Suites de Jean Sébastien Bach, le chant des oiseaux de Pablo Casals et le Concerto d’Elgar.
Un groupe de musiciens japonais qui dans les années trente se retrouvent à Paris et passent des concours pour finir pour l’un d’eux, Ken Mizutani, virtuose d’une vingtaine d’années, par gagner un concours et repartir avec le prêt d’un violoncelle Goffriller de 1712 de la Fondation Lorrenzeti qu’il devra rendre quelques années plus tard.
Une tradition de luthiers : tout d’abord Hortense Schmidt, française, qui vit à Tokyo près du conservatoire de musique ; Pamina elle aussi luthière mais en France petite-fille d’Hortense et petite-fille de Ken (découverte qu’elle fera bien plus tard) et Jacques Maillard-Mizusawa, né et ayant vécu au Japon, lui aussi luthier qui travaillera avec Pamina. Léon le père de Pamina tient une boutique de musique et détient un violoncelle qu’Hortense, sa mère, lui a interdit de vendre.
Des violoncellistes de renom comme Maurice Maréchal, Ken Mizutani lauréat du concours international de Lausanne, Kyoko, Satoshi, Tetsu, Guillaume Walter.
Le monde la musique est à son comble.
Et le livre commence par une lettre d’Hortense qui raconte la dernière nuit de Ken Mizutani passée dans la musique (il jouera pour elle toute la nuit) et dans ses bras car il partait le lendemain à la guerre et n’en reviendrait pas. Voilà comment faucher la perle de l’Extrême Orient pour répondre à la folie des militaires japonais.
Et commence un thriller qui nous emmène dans la recherche des histoires de famille, d’un certain R.K., de musiciens, d’amour, de guerre entre 1930 et nos jours. Chacun de ces protagonistes racontent une part de leur vie et tout à coup tout se mêle et on arrive à démêler la vie d’Hortense, de Pamina fille de Léon, de Léon son père, fils de Ken et des amis de Ken. Pamina fera ce chemin grâce à l’amour de Guillaume Walter qui la reliera à son passé.
Et ces découvertes se font à travers un violoncelle – celui de Ken mais aussi celui d’Hortense, ouvert par Pamina qui doit réparer le premier.
De fil en aiguille des retrouvailles à Tokyo de sa grand-tante (Rin Mizutani) et de la fille du médecin (Aki Kanda) d’un des musiciens (Tetsu), Ryo Kanda qui a disparu pour avoir ouvertement critiqué les militaires. Il avait écrit en latin « in terra pax Hominibus bonae volontatis. Dona nobis pacem. »
On se retrouve comme avec beaucoup d’auteurs japonais entre le monde réel et celui d’une double vie passée-fantôme où les morts sont proches des vivants.
Hortense avait réalisé un sosie, véritable copie du Goffriller de 1712. A l’intérieur du premier elle avait caché une lettre de Ken datée de 1945 dans un trou creusé par Hortense et dans le deuxième – copie identique créée par Hortense un mot Pax Animae. Tout cela sera découvert grâce à l’amour de Guillaume envers Pamina qui mènera une enquête. Pamina réalisera à son tour un violoncelle nommé Amor. Véritable tradition de famille.
C’est un livre qui se lit d’une traite, qui vous laisse pantelant et qui vous arrache les tripes tellement la vie peut être distraite par des évènements hors de nous qui détruisent tout sur leur passage, qui fauche des vies et pas des moindres. Et surtout il montre que la musique rapproche les individus, est universelle et apaise la gravité de certain moment de la vie.
J’ai hâte de lire d’autres livres de cet écrivain.
Et si vous voulez écouter le chant des oiseaux voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=KjK3piGzRG0&pp=0gcJCdgAo7VqN5tD
Fukuoka 5 mai 25
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