
Il est un lieu qui m’a attiré et aimanté sans que j’aie réfléchi à m’y attarder. Le hasard des routes et la polarisation des envies de flâner m’a fait découvrir ce village du bout du monde. Vitken !



La première fois en me rendant à Ä (prononcé O) et la deuxième fois en sortant de Ramberg pour aller sur Eggum.
A chaque fois ce fut une révélation ! Et un plaisir d’y retrouver soleil, vent et pluie.
L’approche se fait par une petite route en sortant de la E1, nationale qui longe la mer. On suit alors une voie unique faite de virages incessants, de passage sous un talus en béton et au bout on a alors la vision de Vitken, fermant le paysage avec sa montagne qui coule ses flancs verdoyants dans la mer.
C’est juste impressionnant, le village faisant face et s’ouvre à la mer et recevant vent, pluie, crachin, soleil, tourmente de sable – en l’espace d’une heure.
Parfois les hauteurs de ces montagnes sont enveloppées par la ouate des nuages qui lèchent ses pointes dardées vers le ciel.
Lorsque l’on fait un stop sur la route on peut regarder l’océan et le ciel. On ne sait plus très bien où est l’horizon et où la mer rencontre le ciel. Seuls parfois les nuages nous permettent d’en apercevoir la frontière.



Tout au bout de la route se trouve une très belle plage de sable fin blanc où trouver l’accès est un véritable pari.


Ce jour là il faisait un vent à vous transporter et je ne sais combien de grains de sable j’ai dû avaler et combien mes cheveux ont dû accrocher et emmagasiner du sable ! On aurait dit un tourbillon qui volait et emportait tout sur son passage. Je devais être l’unique à me balader sur la plage et à tourner le dos à chaque assaut de sable. Ce dernier me fouettait le corps et le visage. Le vent m’arrachait des larmes de sel et j’ai fini par me couvrir la tête d’un foulard pour me protéger la tête et les oreilles.
Mais le lieu était magique.
Le contraste entre le sable tourbillonnant, les rochers noirs et le vert des montagnes. Les nuages noirs puis blancs et le ciel passant du gris foncé au bleu dardé de rayons du soleil.
La plage immense enfermée par les montagnes léchant la mer et des troupeaux de petits nuages qui voguaient au gré de leurs envies.


De gros rochers noirs fermaient certaine partie de la plage et surtout des rochers formaient comme des sièges au raz de la mer. J’aurais aimé m’y asseoir mais à ce moment-là la mer n’était pas propice à cette idée géniale. Fouettant ce rocher et recouvrant tout d’eau par le flux et reflux des vagues. Mais juste imaginer s’y glisser me suffisait. Je trouvais incroyable que la mer et le temps aient pu façonner ces sièges polis et repolis par les vagues.



Des rigoles dans le sable faisait voguer l’eau vers la mer qui refluait par endroits. Sauter par-dessus comme jouent les enfants était un plaisir indolent.

Deux gros rochers étaient plantés à des extrémités de la plage et je ne me lassais pas de les regarder.


Un paysage surréaliste, sauvage et reposant en même temps.
Revenant légèrement frigorifiée, j’atteins un café, magasin et en même temps lieu de création.
Endroit fantasque qui me faisait penser aux réalisations de Chomo dans la forêt de Fontainebleau – dans un tout autre style. Toit où poussent des herbes folles avec à son fronton une fresque en fer, représentant l’insigne des Vikings et des iles Lofoten. Les murs étaient faits de planches de bois gris avec de grandes baies vitrées où la pluie venait se fracasser. Le tout dans la plus pure tradition du design des Lofoten et se basant sur les matériaux naturels de la région de l’ile de Flakstadoya. Pureté alliant nature et matériaux locaux. Cette réalisation a été faite par un architecte Knut Gjernes et par un couple Äse et Äsvar Tangrand. Tous deux artistes travaillant le verre recyclé et la céramique.



Ces derniers avaient créé une très jolie représentation des Vikings avec des boules de verre et cela faisait rêver. Il est nommé Lofotruna et est le symbole de l’essence des iles Lofoten, créé par ces deux artistes : le bateau, l’homme et le poisson. Logo que l’on peut retrouver sur la route E10 à un arrêt proche du tunnel à Nappstraum.


De côté on aurait pu croire à un appentis mais que nenni c’était un lieu convivial où il faisait bon se réchauffer, se restaurer et y faire un stop.
On pouvait y boire ou manger ; regarder un artiste réaliser des verres et des objets en verre ; errer dans le magasin et ressortir pour admirer la vue.
Une jolie gaufre accompagnée de crème et de confiture avec un café faisait objet de réconfort.

Certains allaient s’asseoir sur des fauteuils en bois incurvés callés sur un rocher face à la mer. Méditer devenait un plaisir, un oubli mais il fallait y grimper et cela était plus compliqué.
Des boules en verre couleur vert turquoise ornaient certains rochers face à la mer et permettaient de regarder le monde sous d’autres hospices. Là le monde changeait. Le gris du ciel devenait turquoise et le ciel perdait de sa tristesse. Miracle de la boule de verre et du cristal fouetté par le vent !

Des formes en bois collées à des troncs nous donnaient à voir des oiseaux – sorte de girouettes, qui semblaient voler à travers les nuages dans le ciel.

Et au bout du chemin un trou dans la roche d’où l’on pouvait admirer les alentours. Le spectacle en était presque lunaire.

Un endroit que je vous recommande et qui a charmé ces journées de route. Et en ressortant du lieu un cadre plein d’humour que je vous laisse découvrir.

Et puis mirez ces quelques réalisations artistiques. Rêves de beautés assurés !





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Paris le 24 septembre 23.
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