Ode au Ladakh – épisode 5


  • Likir

Ce monastère fait partie de ces endroits où la sérénité vous étreint. Il est celui qui m’a permis de me sentir reposée, loin des bruits et en communion avec le site, la nature, les moines et la spiritualité. Il est accolé à la montagne orange, planté seul devant une nature minérale, sans arbres, au milieu de nulle part. Le Bouddha, assis, à la droite du site, est impressionnant et visible de loin. Il regarde la vallée et fait de nous les hommes, des petits rampants. Il scintille sous le soleil de plomb et en impose à celui qui le regarde. Mais toute la douceur est là. Aux pieds du Bouddha il y a cette école et ce monastère pour moinillons qui vivent en communauté, de l’âge de 3 à 16 ans, étudient, partagent des dortoirs, font la lessive et la cuisine. Ils respirent la joie de vivre même si leur vie est rude, lente à s’épanouir, rythmée par les tâches et corvées de la journée, et surtout par les chalands qui passent et les réjouissent des découvertes et échanges en tout genre, comme se faire laver leurs tenues, qu’ils peuvent faire en leur compagnie. Mais l’endroit où j’ai ressenti félicité et calme intérieur, est celui tout en haut, perché près du ciel, là où les lampes à beurre brûlent. Cet endroit est toujours aussi magique pour moi. Dieu qu’il est difficile d’arriver à réaliser une « bougie » dans ce pays. Que de pourparlers et de palabres pour arriver à remplir une lampe à beurre avec de l’huile (trois litres d’huile), à rouler la mèche qui va servir à allumer cette lampe. Et on apprend à faire tout cela dans la patience et le recueillement. Mais quel bonheur à l’arrivée de voir se refléter la flamme de la mèche dans l’huile, de la voir tanguer, de la voir brûler. Et de se dire qu’elle sera là, des heures et des heures à brûler, pour penser à ceux que l’on aime, a aimé, vivants ou dans l’au-delà, qui m’entourent de leur amour ou de leur être. Pour moi c’est un accomplissement, un grand bonheur et toujours un émerveillement qui se termine par cet immense « Om mani Padme Hum », ponctué de « Om Om » ! Je me sens dans ces moments-là toujours enivrée, heureuse, euphorique et entourée de cette chaleur des choses bonnes et douces de la vie. On y fait aussi des rencontres incroyables, des jeunes de confession juive, très bobo et hippies, mais rigolos, venant de Tel Aviv et se baladant à cet endroit précis. Rencontres insolites sur un lieu insolite chargé de mémoires. Et puis sur le toit, la vue sur la vallée à couper le souffle. On peut voir tout ce qui se passe à 360° à la ronde et on imagine l’époque des guerres tibétaines et des hordes de barbares, déboulant dont ne sait où, se jetant en bas de ce monastère. « Om » !

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  • Hemis

C’est un monastère très intéressant pour ces différents temples et surtout pour son musée. Ce que j’ai adoré ce sont les fresques dans la cour centrale. Elles sont peintes sur des ardoises et représentent les 84 Mahassidhas, c’est-à-dire tous les grands yogis du lamaïsme. On a pu regarder aussi les peintres, dont un très connu, qui restauraient les fresques sur le mur, en particulier la roue de la vie. Et puis ce lieu est empreint de sérénité, de calme et d’une nature environnante écrasante. « Om » !

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  • Stakna

Il m’a ravi car nous avons découvert la nouvelle incarnation du Rinpoché Kyabje Stakna (cinquième réincarnation), un petit garçon, nommé Garsha, de deux ans et demi, espiègle, qui faisait courir son moine maître et le rendait bourrique. Il faisait la visite aux touristes qui passaient et nous montraient que tous les emplacements lui étaient dédiés. Clin d’œil à l’enfance ! Dans un des temples il y a une représentation en ivoire d’Avalokitéshvara. Le site est sur un piton à tous les vents, il domine l’Indus comme une forteresse et je peux dire que cela rend fou ! Il est connu sous le nom du « nez du tigre ». Il y a une vue sur la vallée et les alentours à couper le souffle. Mais qu’il fait froid quand cela souffle, en soirée. « Om » !

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  • Wangla

Un monastère perché sur un piton rocheux, incrusté dans un château, permettant d’avoir une vue sur l’Indus et sur les montagnes alentours. Il est tout rouge et présente un grand intérêt quand le moine est là pour vous ouvrir le lieu. Je n’ai pas eu cette chance et je le regrette. Mais j’en ai profité pour me promener dans le village et aller à la découverte des enfants et des femmes. Cela me tient toujours à cœur et me donne du baume au cœur.  « Om » !

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« Om, Om, Om » !

Dans un dernier regard, je dirais que ces paysages époustouflants ainsi que ces monastères, juchés au milieu de nulle part, sur des pitons, toisant l’homme de sa hauteur, sont là pour nous rappeler notre fragilité par rapport à la nature, qui domine cette région du monde indien. Cette nature sèche, violente qui se rebiffe contre l’homme, est d’une luminosité, d’une minéralité et d’une grandeur incroyable. Elle ressource et nous apprends, nous, les hommes, à nous surpasser. Et à vibrer au son des « Om » et du vent qui parcourt le Ladakh et fait écho. « Om, Om, Om » !

Dans ce pays le ciel est la limite ultime : « Sky is the limit ! » et seule la respiration intérieure ponctuée du « Om » fait oublier cette limite humaine.

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Leh – Aout 2013

 

Catégories :Inde/continent indien, Ladakh, Non classéTags:, , , , , , , , , , ,

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