Pour Pâques 2026 !


Le Collège des Bernardins, joyau cistercien en plein centre de Paris, abrite une très jolie exposition d’icones ukrainiennes qui ont été réalisées par des blessés de guerre avec des fragments de caisse de munitions et de débris laissés après les bombardements à Marioupol, Bakhmout et une autre ville dont j’ai oublié le nom.

Ces œuvres ont une vocation thérapeutique pour ceux qui les peignent et participent aux soins post-traumatiques destinées à aider les militaires et les civils ukrainiens touchés par la guerre.

Les icônes sur caisses de munition ont depuis 2015 fait le tour du monde, de la Laure Saint-Antoine-des-Grottes à Kyiv à la basilique Saint-Pierre de Rome, du Parlement finlandais au Parlement écossais.

Le lieu qui les accueille est un lieu spirituel qui calme l’esprit et voir ces icones sous ces ogives gothiques aident au calme et au repos de l’âme.

Quand je suis entrée dans le collège je me suis sentie comme transportée loin de Paris et ai eu l’impression d’être en Ukraine. Pas par le lieu mais par l’atmosphère que les icones portaient en elles.

Le lieu vous envoûte et regarder ces icones est un bonheur sans nom.

Et puis nous sommes à Pâques et mirer ces icones témoignent d’une promesse de paix qui hélas ne vient pas.

Découvrir ces Vierge à l’enfant, la cène, le lavage des pieds du Christ vous renvoie à l’histoire ancienne et en même temps contemporaine et aux guerres actuelles de par le monde.

Tout d’abord le fait de peindre ces icones sur des fragments de caisse est un exploit et un pied de nez au destin de ces milliers de morts, de blessés et meurtris à vie. C’est sublimer la guerre et ses méfaits ; c’est oublier les blessures et s’oublier soit même dans la spiritualité qui sauve du malheur, de la tristesse et de l’horreur.

J’ai trouvé cela particulièrement intéressant d’utiliser un bois de caisse qui sert à transporter la mort.

Comme-ci ces artistes voulaient montrer que l’art à travers ce bois permet de réaliser de l’art spirituel qui honore les morts et cherchent la paix ou l’espérance.

Elles s’adressent autant, comme le disait Aragon, à ceux qui croient au ciel comme à ceux qui n’y croient pas.

Je trouve admirable de peindre de si belles scènes et de nous transmettre la beauté des icones comme art byzantin.

Les icones sont de toutes tailles, longues, carrées voire avec des rabats comme cela se fait aussi en Russie.

Des couleurs grises au rouge ou bleu bien vif pour éveiller nos sens ; du doré pour représenter la sainteté et les décors ciselé comme du papier découpé aux ciseaux ; et puis les draps des robes qui semblent si réelles.

J’ai trouvé cela envoutant – il ne manquait plus que l’encens et les chants liturgiques pour se croire être dans une église orthodoxe.

Il y avait aussi des icones avec des revêtements en fer troués de balles – terrible image de guerre. L’or ou l’argent n’étant plus de mise mais le fer !

Et je suis revenue plusieurs fois regarder cette « mère de Dieu fleur impérissable » avec ses lys blancs, son voile blanc gris autour de la tête et le haut de sa robe presque identique aux lys. Pureté du visage et calme profond de son regard. Elle incarne parfaitement le combat symbolique entre le bien et le mal, l’amour et la haine, la vie et la mort.

Et cette autre Vierge à l’enfant avec sa couronne. Plein de dignité et de courage dans le drapé bleu et rouge.

Je vous enjoins d’aller voir cette exposition qui dure jusqu’au 6 avril.

Paris le 4 avril 2026.

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