Le douanier Rousseau au musée de l’Orangerie– Paris


Par un joli moment ensoleillé je suis allée visiter l’exposition sur le douanier Rousseau.

Ce n’est pas la première fois que je vois ses œuvres mais j’en éprouve toujours un grand plaisir. Ces tableaux me font voyager et me vident la tête de toute préoccupation.

C’est un moment délicieux dans une journée et l’évasion est immédiate.

Tout est disproportionné, petit ou grand et lorsque l’on sait que la vie du douanier Rousseau n’a pas été facile on se demande comment il a pu créer de telles œuvres.

Reparcourir les salles même si elles ne sont pas grandes et que l’exposition est faite de thèmes qui s’enchainent les uns après les autres vous fait naviguer dans un monde réel et de rêves.

C’est un personnage le douanier Rousseau : 9 enfants dont 1 survivra ; deux épouses décédées ; une vie de marin à terre puis débarqué à Paris pour être aux portes de la ville comme douanier. Ses escapades correspondent à peinture et tout cela dans la difficulté car il a peu de moyens. Il vit avec 15 centimes et est endetté. Des amis comme Apollinaire lui prêteront de l’argent.

Mais il a du panache ce peintre avec son large béret et ses moustaches à la Dali. Il sait d’ailleurs très bien faire son autoportrait avec sa palette et son pinceau proche de la Seine et des bateaux qu’il visite comme douanier. On retrouve toujours dans ses tableaux le soleil orangé et souvent des montgolfières. Le voyage ….

Il se représente aussi aux portes de Paris dans des prés et des arbres immenses qui l’entourent. La nature est très présente et se découvre sous différentes formes.

Il peint aussi très souvent des personnages : femmes, mère…. Et son mariage où la mariée semble voler et ne pas être sur le sol. Il a réduit ses pieds et les a cachés dans l’herbe.

Il n’y a pas de réelle proportion dans certains tableaux comme ceux des enfants aussi hauts que les arbres !

La cariole tirée par cheval et cette famille en promenade avec le chien sur les genoux de la femme. On ne voit que lui !

Comme j’ai rigolé en voyant le lapin et ses carottes (dit le repas du lapin) et l’arbre qui essaie de l’atteindre ! Je ne me souvenais pas de l’avoir vu dans d’autres expositions. Les contrastes des couleurs font ressortir le lapin et les carottes si rouges sont comme fausses.

J’ai beaucoup aimé la finesse de ce bouquet de fleurs et surtout la combinaison des couleurs sur ce fond vert pâle. Le dahlia au centre prend toute la place et irradie le vert comme pour nous éblouir. Les pétales des marguerites jaunes et blanches sont légèrement peints et illuminent le dahlia.

J’ai beaucoup aimé les paysages maritimes comme la côte d’Etretat ou bien Paris avec l’ile Saint Louis et Notre Dame comme les peintures de scieries ou bien la vue du pont de Grenelle où le bois était transporté dans la ville à cheval. Ainsi on peut se représenter comment les gens vivaient ou travaillaient. Ce sont des témoignages.

Et puis on entre dans les immenses tableaux de plus de trois mètres comme la guerre décrite par cette femme à cheval et son épée qui détruit toute vie autour d’elle. Quand on regarde les détails on peut voir tous ces corps allongés gisants sur le sol. Ce ramène à toutes ces guerres qui nous entourent. Le monde ne sait faire que reproduire ces monstruosités.

Puis on entre dans un registre plus calme comme ce couple sous la lune. L’homme et la femme dans des costumes entourés de ces arbres qui semblent les protéger. C’est doux et en même temps angoissant entre le noir et le bleu et la lune blanche.

Et je revois toujours avec beaucoup de plaisir les grands tableaux avec la nature gigantesque qui avale presque les humains et les animaux. De grands plantes, des animaux qui dévorent d’autres animaux ; des serpents et des hommes ou des femmes qui se promènent dans ces contrées aux plantes géantes et aux couleurs violentes ; des singes qui volent d’arbre en arbre et qui se détachent des fleurs blanches aux tiges rouges grenat ; ces gorilles dans la forêt vierge contrastant ; ce tigre dévorant un buffle avec ces oranges au sol et les bananes dont les branches ploient sous le poids ; le gorille se battant avec un homme sous le coucher du soleil rougeoyant ; et le lion et la gitane qui dort sur le sable du désert.

Tout cela est bien mystérieux et quand on sait que le douanier Rousseau n’est jamais allé au Mexique ni ailleurs et qu’il s’inspirait des jardins et des zoos il devait avoir une grande créativité pour arriver à réaliser ces tableaux.

Enfin du rêve et un voyage dans un monde intérieur.

Paris le 29 mars 26.

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