Un voyage à Samarcande


2000 place Registan

Il y a 26 ans j’ai parcouru l’Asie centrale pour passer le cap de l’an 2000. J’en garde un souvenir intense, coloré et émouvant.

C’était en hiver et il faisait froid mais le soleil était présent. Mais qu’à cela ne tienne découvrir ce pays était passionnant.

Nos yeux miroitaient de bleu en particulier de la Grande Mosquée, qui est l’or de Samarcande, mais aussi d’une histoire ancienne de Gengis Khan à Tamerlan qui parcourait ce lieu. Et puis nous parcourions les étoiles avec Ulug Beg le Prince de l’astronomie qui fit tant rêver le monde.

Nous remontions le temps et l’histoire de la route de la soie où marchands chinois, perses, moines ou bien pèlerins avaient parcouru les routes commerciales et qui enchantaient nos yeux. Les caravanes se trémoussaient devant notre imagination et nous entrainaient loin de cette réalité actuelle. Mythes et réalité se mélangeaient et nous voguions ente deux mondes dont seuls les monuments étaient encore vivants.

Nous étions arrivés dans la ville de Samarcande et avions visité le mausolée ou nécropole de Chah-i-Zinda et étions de jour sur la place du Régistan. Régistan veut dire sable et mériterait le nom de la place royale d’Ispahan.

Le Régistan, une place entourée de 3 médersas ornées de faïence datant des XVe et XVIIe siècles, et Gour Emir, la tombe imposante de Timur (également appelé Tamerlan), fondateur de la dynastie des Timourides. La madrasa d’Ulub beg fait face en miroir à celle de Chir Dor dite aux lions ou aux tigres et à celle de Tilla-Kari (dorée).

Nous humions la ville des coupoles bleues vertes, des mosquées et des mausolées ; du marché couvert où les odeurs d’épices, de fruits secs embaumaient nos narines. Je contemplais tout cela avec un plaisir fou tout en me disant qu’Ispahan devait être proche du lieu où nous trouvions et que nous avions un avant-gout de l’Iran. Iran où hélas je n’irais jamais à la vue des derniers dénouements actuels.

Nos yeux clignaient devant de telles beautés. Les bleus, les étoiles, les figures stylisées s’entremêlaient et nous étions absorbés dans ces décors et motifs d’une autre temporalité. Mille tissages se faisaient un jeu auprès des colonnes torsadées et des pampres. Surtout les tigres jaunes se faisant face courant après des biches. Tout un monde inconnu où nous attendions le grand poète Omar Khayyam avec ses Rubaiyat.

Nous regardions le soleil se coucher et lécher les murs de la mosquée Bibi-Khanym. Celle-ci devenant rose, colorant les mosaïques bleues de rosaces et lui donnant un air irréel à mes yeux. Elle flamboyait jusqu’à ce que le soleil se couche. C’était magique et innoubliable.

Et comme nous faisions le tour des boutiques du bazar, qui se trouvaient autour à l’époque, je discutais avec une jeune femme de confession musulmane et lui achetais le kéfié local ainsi que le très beau manteau traditionnel (kaftan). Comme je m’exprimais en russe, cette dernière nous invita à venir fêter le jour de l’an avec le diner traditionnel chez ses parents. Ce que nous fîmes avec grand plaisir. Et ce fut un grand moment de convivialité.

Nous repassâmes à l’hôtel pour nous changer et nous reposer pour ensuite entamer le passage à l’an 2000.

Ressortant, quelle ne fut pas notre surprise : sur la place du Régistan on avait installé des estrades en plein milieu.

Nous avons filé chez cette amie et avons pris place dans leur salle à manger entouré de la famille. C’était assez incroyable de se retrouver dans l’enceinte d’une maison locale avec des locaux et de participer à leur fête du nouvel an. Nous avons dégusté des plats différents à base de mouton (hélas j’ai oublié les détails) et avons passé le début de soirée en très bonne compagnie. Puis elle nous a ramené sur la place du Régistan où nous attendait un feu d’artifice pour la nouvelle année.

Le lieu devenait magique avec les tirs et les couleurs qui se reflétaient sur les mosquées.  Nous étions seuls sur cette place – rien que pour nous ! Je n’oublierais jamais cette fête et surtout l’atmosphère de joie qui y régnait versus la peur de l’arrêt du monde en termes d’informatique. Tout devenait joyeux, féérique et nous dansions sur la place. J’avais revêtu le kaftan traditionnel sur un pantalon noir avec le kéfié et je me suis fait filmer par la télévision ouzbek qui relatait la venue d’une dizaine de français en ces lieux pour le passage de la nouvelle année. Nous avons fini dans un restaurant pour déguster des mets traditionnels. C’était notre deuxième diner !

Je n’ai jamais oublié ni le lieu, ni la fête ni cette amie qui nous avait fait partager un moment de sa vie de famille.

Vive l’amitié des peuples ! Et surtout visiter cette pépite est un « must ».

Paris le 25 mars 26.

Catégories :Asie, OuzbekistanTags:, , , , , , , , , , , , , , , , ,

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