Le Baptistère Saint Jean-Baptiste à Florence


Je rêvais depuis des semaines de visiter Florence et son Baptistère juste en face du Duomo. Pourquoi ? Je rêvais de voir la coupole en mosaïques mais hélas ce ne fut pas le cas, à ma grande déception ! il faudra attendre 2028 car elle est en rénovation.

Pas grave je suis quand même allée le voir et quelle fut mon plaisir.

Bâti sur une ancienne maison romaine, le baptistère est un octogone de marbre de Carrare blanc et vert de Prato avec une toiture pyramidale.

Admirer les sols carrelés, en damier, en zigzag, en clochette ou tout autre forme fut un régal des yeux. Certains représentaient des fleurs. Le tout en noir et blanc. Certains font des cercles avec au milieu du rouge donnant comme une envie de rythme fou. On aurait eu envie de valser rien que pour glisser sur un marbre lisse. Si cela ne faisait pas incroyant j’y aurais bien vu des derviches tourneurs s’y exercer.

Et puis regarder en hauteur les parois qui sont recouvertes de magnifiques mosaïques. Les galeries sont de fausses fenêtres correspondant à celles de l’extérieur et permettant à la lumière d’entrer. Tout y brille et attirent les yeux ! Tout le long on peut y découvrir des Saints. Et à l’intérieur des anges, des oiseaux, la Vierge, le Christ et tant d’autres figures religieuses.

L’intérieur du baptistère, 25 mètres de diamètre, que nous ne pourrons pas voir, est largement inspiré du Panthéon de Rome. Les murs sont recouverts de marbre encadrés de colonnes et pilastres en granit.

L’intérieur de la coupole est recouvert de superbes mosaïques de style byzantin, réalisées en grande partie par des mosaïstes Vénitiens, mais également par des Florentins, dont Cimabue. Il y a 1000 m2 de mosaïques !

Ces mosaïques racontent des scènes de la Genèse, de la vie du Christ, de la Vierge et de Saint Jean-Baptiste. Elles ont été réalisées entre le XIIIe et le XIVe siècle par des maîtres italiens et vénitiens anonymes, influencés par l’art byzantin. Imagine-toi sous cette coupole dorée, le regard perdu dans un ciel de lumière et d’histoire.

La mosaïque la plus impressionnante est celle du Christ juge qui domine la voûte. Il t’observe, immense et majestueux, les bras ouverts, entouré des élus et des damnés. Autour, huit registres illustrent des scènes de la Genèse, des récits de Saint Jean-Baptiste, du Christ et de la Vierge. C’est un véritable livre d’images en or et en couleurs, où chaque détail est pensé pour capter ton regard. Je n’en verrais qu’une reproduction !

C’est juste grandiose et on ressent une harmonie du tout même si cela semble chargé. Mais point du tout !

Dans la Scarsella (petite abside), se trouve le tombeau de l’antipape Jean XXIII, qui était un ami de Giovanni di Bicci (le père de Cosme le vieux).

Et puis il y a l’extérieur avec ces trois portails en bronze sculptés : la porte sud est l’œuvre d’Andrea Pisano, tandis que les portes nord et est (celle-ci surnommée « Porte du Paradis ») sont dues à Lorenzo Ghibert. On peut y voir : Adam et Eve ; Caïn et Abel ; Noé ; Abraham ; Isaac avec Esaü et Jacob ; Joseph ; Moïse ; Josué ; David ; Salomon et la reine de Saba.

Sur le baptistère se trouvent quelques éléments qui, indépendamment de la signification religieuse et historique et artistique du monument, racontent des histoires mineures de l’histoire florentine. Adossées à la porte du Paradis, en face de la cathédrale, se trouvent deux colonnes de porphyre, qui furent données par Pise à Florence en remerciement de l’aide offerte contre les Lucquois en 1117, lorsque ces derniers avaient tenté de conquérir la ville portuaire alors que le gros de son armée était engagé dans la prise des Baléares sur les Sarrasins. Une légende populaire prétendait que les colonnes étaient capables de démasquer les voleurs, les faussaires et les traîtres grâce à leur reflet ; mais les Pisans, pour ne pas donner trop d’avantages à la ville amie mais aussi rivale, enfumèrent la surface des colonnes, les privant de leur pouvoir. De là vient le dicton « Florentins aveugles et Pisans traîtres ».

Un peu d’histoire : Le baptistère, construit entre 1059 et 1128 dans le style roman florentin est attesté dès 1128.

Le baptistère florentin était le lieu consacré tout à la fois à l’investiture des chevaliers, aux serments solennels et aux célébrations en l’honneur de saint Jean-Baptiste, comprenant le don d’étoffes précieuses (les palii) par les magistrats de la municipalité lors de la fête du saint patron, le 24 juin.

Le bâtiment était, à l’époque, un passage obligé pour les Florentins : tous devaient y être baptisés avant d’entrer dans la cathédrale. C’est donc un lieu profondément lié à la vie spirituelle et sociale de la ville.

Rebâti sur un plan octogonal, revêtu extérieurement de marbre blanc et coiffé d’une toiture pyramidale, il est reconnu comme un bel exemple d’architecture romane de Toscane. Son abside rectangulaire, la Scarsella (la bourse ou l’escarcelle) est ajoutée au XIIIe siècle.

Courez-y même si la coupole intérieure n’est pas visible ou bien attendez 2028 !

Paris le 22 Février 26.

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