
Nous voilà parti en Albanie dans une histoire de communisme, de campagnes, de montagnes, de vendetta et de village sans nom. Tout un programme qui nous ramène 50 ans en arrière sous la dictature d’Enver Hoxha.
Une jeune islandaise d’origine albanaise par sa mère revient sur les lieux de sa naissance après que celle-ci soit décédée et lui ai laissé une maison dans un village sans nom. Elle se nomme Esther. Sarah est une écoacousticienne, c’est une chasseuse de sons, sa profession consiste à écouter les milieux naturels à sauvegarder.
Déjà rien que le village sans nom vous donne l’eau à la bouche et vous jette dans un monde irréel.
Et on en est qu’au prélude car il y a des histoires de sorcières, de nature qui se soulève et clame sa colère, de Kulshedra, de drangues, et de shtriga, de femmes qui se taisent et de vendettas que seules certaines femmes peuvent y mettre un terme. Et sa mère est une taiseuse.
Cette jeune femme du nom de Sarah choisit de venir en voyage organisé avec un couple qui veut faire de l’agrotourisme. Ils visitent la région et elle en profite pour découvrir cette maison presque hantée que sa mère lui a légué.
Sa mère lui a laissé le message suivant « trouves Elora ». Et Sarah n’a aucune idée qui est cette Elora.
Et là va commencer l’histoire de ses origines.
Elora est la fille de Illir. C’est une sauvageonne qui court la montagne avec son ami Agon. Le communisme passe par là et oblige les enfants à aller à l’école et à nettoyer des slogans sur les pierres de la montagne.
Elora et son ami Agon se font une promesse : tant qu’ils seront ensemble, tout ira bien. Mais alors que l’adolescente n’aspire qu’à crapahuter dans les hauts monts, sa mère la réprimande : une fille ne se comporte pas comme ça. Mais Elora veut être comme les hommes, libre de faire ce qu’elle veut avec ses trois amis. Mais le Kanun dit : « Les aînés tu respecteras. La famille tu respecteras ».
Jusqu’au jour où elle est violée et mise à l’écart du village sans nom car c’est la honte pour une femme. Sa mère la confie à Dritan, pasteur qui se joue des communistes et de la répression en écrivant sur les pierres des poèmes.
Pendant ce temps-là dans le village la vendetta fait son chemin. Dritan est tué par le père d’Elora et Agon son ami va tuer Illir, son père. Elora ne saura rien de tout cela jusqu’à ce que…
Elora mène une vie dure et marche dans la montagne jusqu’à la naissance de sa fille Sarah qu’elle confie à sa mère. Elle repart dans la montagne, affronte diverses difficultés. Elle ordonne à sa mère de partir et de quitter ce lieu maudit. Elle se fait accepter par les pasteurs et devient une burnesha. Elle est autorisée à porter un nom masculin, choisir un emploi, porter le pantalon, être une femme-homme et continuer à mener les vendettas. Ce qu’elle fera en tuant l’amour de sa vie Agon.
Le livre se joue de nous car chaque chapitre nous fait basculer du passé vers le présent et vice-versa.
On y découvre la vie de son père Illir, et ses deux amis Sokol et Dritan partis à Tirana pour y faire des études. Ils découvrent la famille d’Esther qui lit des poèmes en Français, livres cachés dans une cave qui sert de cachette. Tout le monde est amoureux d’Esther et c’est Dritan qui l’épousera au grand dam de Sokol. Ilir rentrera dans le village sans nom et se mariera à une fille du village. Entre temps Sokol fera en sorte que la famille d’Esther soit arrêtée par la police, Esther disparaitra. Sokol continuera sa vengeance en voulant soumettre le village sans nom. Mais la Kushedra se révoltera et transformera la montagne en une tornade d’orages et de feu.
Et Sarah découvrira toute son histoire et celle d’Elora, sa mère.
Le livre est envoutant, déroutant car nous sommes bringbalés dans les histoires de chaque personnage, dans l’histoire de l’Albanie communiste et son ouverture au monde après la mort de Hoxha. Et puis nous voyageons aussi dans les histoires transgénérationnelles des familles et du besoin de libertés des uns et des autres.
Je vous souhaite d’y trouver autant de plaisir à lire ce livre.
Paris le 14 décembre 25.
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