La Trace de Richard Collasse


Quel bonheur de lire ce roman ! Cela prolonge mon voyage au Japon mais en même temps m’ouvre sur la culture japonaise, ses traditions, se manières de vivre.

Ce jeune Français qui a vieillit et qui est directeur d’une entreprise française à Tokyo et vit une vie réglée avec sa femme japonaise, avec qui il n’a pas eu d’enfants, à Kamakura reçoit une lettre calligraphiée à son bureau. Et là commence l’intrigue du livre. De qui provient cette lettre ?

Il repart et fait le tour de sa vie et commence à réfléchir qui pourrait être la femme qui lui écrit.

Cela débute par un jeune français ayant grandi au Maroc dont le père est pilote d’avion et qui essaye de faire grandir son fils.

Ce dernier ayant du temps devait partir au Brésil pour faire des photos avec un vieil original d’ami du père, car c’est un amoureux de la photographie. Il s’offre un appareil argentique Topcon et rêve d’avoir un Nikon mais ne peut se l’offrir.

Au lieu de partir au Brésil il part au Japon dont il ne parle pas la langue. Ce père lui dégote des points de chute qui vont lui révéler ce Japon inconnu à ses yeux.

Une hôtesse de l’air japonaise lui permet d’aller chez ses parents. Et le premier point de chute est une rencontre de son père à Tokyo. Et de relations en relations il va passer un certain temps dans ce pays qui va s’ouvrir à lui et le mener où il est aujourd’hui.

Il va découvrir la réalité du Japon telle que personne ne l’a vu. Comme lui disent ses nouvelles rencontres « il faut gratter » et encore en grattant on n’a pas toujours la vérité et le fin mot de ce pays.

Il vit avec les gens, fait beaucoup d’erreurs car notre prisme français nous fait interpréter les choses de travers. Je citerais l’histoire de la grande serviette pour se sécher alors que les Japonais se sèche dans les onsen avec une toute petite serviette rectangulaire. Et qui en fait était le drap du futon !

Et puis il visite Tokyo, les grandes villes mais aussi l’ile de Shikoku avec un apprenti dentiste qui vit aux USA et revient de temps en temps chez ses parents au Japon. De rencontres en rencontres sa vie va changer et il fera tout pour apprendre le japonais et revenir travailler dans ce pays qui l’a happé.

De Tokyo il ramènera le Nikon de ses rêves avec ses objectifs et ils parcourront ensemble le pays et fera des photos en noir et blanc.

Il participera à certaines fêtes en particulier le O Bon (fête des morts) sur une des iles proches de Shikoku, Setoda. Et là il rencontrera une jeune fille qu’il va aimer jusqu’à ce jour – sentiment qu’il a bien enfoui dans son cœur et son cerveau. Je n’insisterais pas sur cette partie car je veux vous laisser l’histoire de ce livre vierge. Mais l’amour de sa vie, sous le joli nom de Akane, fait qu’il promet à la jeune fille de revenir et de vivre avec elle. Il se quitte en pleurant toutes les larmes de leur corps comme s’ils savaient que ce serait un arrachement définitif.

Et c’est là que nous comprenons le retour en arrière de cette personne à travers sa mémoire et sa vie. Traveling arrière comme dans les films. Une deuxième lettre arrive au bureau et lui demande de le rencontrer. Lettres qui arrivent toujours calligraphiées et suite à un article dans le journal Asahi.

Ils vont se rencontrer pendant les fêtes de Noel dans la ville de Kurashiki où vit Akane. Il va découvrir qu’il a un enfant qui s’est suicidé à l’adolescence, qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau alors qu’il ne le savait pas. Malgré ses recherches d’Akane restées sans suite, ayant été répudiée par son père, jetée à la rue, pour avoir eu cet enfant hors mariage et de plus d’un étranger.

Tout va lui sauter à la figure et il va finir par aller se recueillir sur la tombe de son fils sur la fameuse ile de leurs amours.

La violence de cette nouvelle le fait basculer et il est en train de finir d’écrire ce qu’il a découvert, de prendre des barbituriques quand sa femme rentre des vacances de Noel un jour plus tôt.

C’est un très beau roman sur la vie et ses turpitudes, ses coups de poings, l’amour et sur le Japon et ses traditions.

Lisez-le !

Richard Collasse nous donne la substantifique moelle, le merveilleux et la simplicité de la vie au Japon.

Et moi cela me donne encore plus envie de découvrir ses autres livres ! Et de découvrir le Japon !

Paris Le 27 juin 25.

Catégories :Asie, JaponTags:, , , , , , , , , , , ,

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