Vienne et les œuvres d’Hundertwasser


Partie une semaine à Vienne en Autriche j’ai renoué avec la tradition des œuvres d’Hundertwasser, découvertes en Nouvelle Zélande en 2019.

Il y plus d’une dizaine d’années j’avais eu la curiosité de découvrir la maison d’Hundertwasser à Vienne et j’en gardais un souvenir non pas de gosse mais d’adulte émerveillée par les couleurs et la beauté du lieu.

Et comme fidèle à mes premières visions, je suis repartie sur les traces de cet architecte lié à la nature en me remémorant ce que j’avais vu en Nouvelle Zélande.

J’ai d’abord suivi les quais du canal du Danube pour atteindre dans un premier temps le musée Kunsthaus Wien qui hélas est fermé pour rénovation jusqu’en 2024. Mais je n’ai pu retenir mes envies de faire des pointes pour faire quelques photos et entre dans le monde fantasque et naturel d’Hundertwasser.

J’ai pu admirer le joli escalier avec sa fleur verte ornée de petits carreaux blancs et surtout j’ai fait le tour du pâté de maison pour admirer la façade du musée.

Il faut savoir qu’Hundertwasser a transformé une ancienne fabrique de meubles Thonet en musée privé pour exposer de manière permanente ses œuvres. Entre 1989 et 91 deux immeubles ont été réunis en un seul.

On se retrouve dans la rue face au bâtiment à colonnes rouges et bleues à boules vertes et grises, avec des personnages blancs qui se tiennent debout et vous regardent. A chaque fois j’ai l’impression de redevenir une enfant devant tant de couleurs et de motifs.

La façade est composée de carrés évasés blancs et de petits carreaux noirs juxtaposés les uns au-dessus des autres pour réaliser une trame, une sorte de patchwork alternatif noir et blanc. De certaines fenêtres s’échappent des arbres car la nature est toujours très présente dans ces œuvres. De temps en temps un point rouge casse la monotonie et les cadres des fenêtres bleus agrémentent cette façade.

L’intérieur n’étant pas visible pour cause de rénovation, j’ai continué mon chemin pour me rendre à la maison d’habitation Hundertwasser- Krawina.

Dans les rues qui y mènent on n’est absolument pas déçu car le monde fantasque continue avec une pompe à eau verte et bleu, puis des façades d’immeubles avec des colonnes et des boules colorées entourant des photographies déjantées. Même les trottoirs sont illustrés de mosaïques comme pour vous indiquer le chemin à suivre. Là nous sommes dans les tons gris et blancs !

Puis juste avant de se trouver nez à nez avec cet immeuble, on trouve un centre commercial dit le village dans l’esprit, prélude au reste. Ancienne remise à chevaux, puis pompe à essence avant d’être transformé en juin 91 en « Village » dédié aux souvenirs.

Tournant dans la rue Kegelgasse on tombe face à l’immeuble aux couleurs chaudes et variées. Les roses, bleus, jaunes, blancs sont juxtaposés les uns en dessous des autres, délimitant les habitations. Des balcons décorés de géraniums roses ou recouverts de plantes vertes grimpantes surmontés d’arbres font de ce bâtiment une féérie.

Féérie qui s’exprime par les fontaines et le jeu des couleurs. Les carreaux rouges font penser à des poissons rouges qui ondulent dans l’eau.

Lorsque l’on marche sous l’immeuble, des portes avec des bananes ou bien des carreaux noirs et gris voire des enfilades de rubans carrelés de couleurs rouges, jaunes – on dirait des serpents qui se vautrent et chevauchent les murs gris des entrées. Tout est fait pour s’évader et rêver. Les poteaux sont aussi colorés et l’intérieur de la cour est réalisé de la même manière que l’extérieur.

On aperçoit aussi des statues blanches de femmes nues qui se cachent dans les arbres. Tout est propice à la créativité !

Même le tourniquet pour les publicités nous fait un clin d’œil avec cette chouette et son casque de musique à voitures rouges et le nid avec ses bébés chouettes et leur parasol jaune. Nid en forme de voiture renversée rouge. Tout est paradoxe.

Proches de boutiques au rez-de-chaussée on peut même admirer l’artiste avec son pinceau doré.

Sur l’autre côté de la rue on voit très bien l’architecture de l’immeuble avec ses arches, ses étages om de grands arbres tapissent le lieu et font un mélange de nature intégrée dans l’architecture. Tout se mélange. Les fenêtres sont intérieurement décorées par les habitants avec des boules de différentes couleurs comme pour les sapins de noël ou bien de d’arums. Les couleurs des colonnes penchées ou bien droites sont rouges ou vertes translucides et se fondent dans la nature.

Je n’ai pas non plus résisté à aller déjeuner dans un café pour faire perdurer la féérie et le rêve : les toilettes valaient le déplacement – une reproduction de cet immeuble en bleu et jaune ; des maisons avec des escargots et des arbres stylisés faisaient comme des serpents rampant aux murs. Un coin du plafond vous entrainait dans la magie de l’œuvre d’Hundertwasser.

L’harmonie caractérise ce lieu !

Un autre lieu dans Vienne est l’incinérateur de Spittelau. Il fut remodelé en extérieur par Hundertwasser dès 1987 après l’incendie. On peut le voir du centre de Vienne et en prenant le tram qui va vers Nussdorf. La nuit il est éclairé de centaine de petits points lumineux.

Pour l’histoire ce lieu a été terminé en 1985 : il comprend 50 appartements sociaux, 250 arbres ont été intégrés, 16 balcons dont 3 publics. Ce sont des habitations écologiques.

Paris le 14 juillet 2023.

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