Un endroit de rêve : Cathedral Grove – Ile de Vancouver


S’il existe un endroit inattendu, étrange et pénétrant, c’est bien celui-là, planté au milieu de l’île de Vancouver, à 16 kms de Port Alberni. Sur une route à deux voies dite « Pacific Rim Highway », au sein du parc Mac Millan se trouve, coupé en deux par cette même voie routière, le parc de cèdres rouges, de pins de Douglas et pruches de l’ouest, d’érables, le tout agrémenté de lichens.

Une forêt de géants qui vous toisent de leur hauteur, vous font de l’ombre, cherchent à vous attraper avec leurs branches crochues d’où pendent des lichens et dégagent une odeur délicieuse qui s’imprime dans vos narines. On se croirait dans une cathédrale d’arbres géants. Des sapins géants de Douglas, des cèdres rouges dont les troncs font plus de 9 mètres de circonférence, 75 mètres de haut et pour certains ont plus de 800 ans.

Une biosphère où humidité, chaleur et troncs couchés sur le sol permettent de créer un nouvel écosystème. Des fougères, des champignons, des lichens se développent et rendent cette forêt étrange, pénétrante et odoriférante.

La forêt côtoie le lac de Cameron d’un vert bleu incroyable et la rivière de Cameron.

Cette forêt est la bienvenue et permet de faire un stop sur la route qui mène à Toffino et Ucluelet en provenance de Victoria.

Descente de la voiture que l’on parque sur le bord de la route et là le soleil brillant et brûlant joue à cache-cache avec nous.

Tout d’abord il est passionnant de lire les « Welcome to the park » et ce qu’il faut faire ou ne pas faire en cas de découverte d’un animal. Et puis on part sur les chemins pour découvrir cette forêt géante qui vous sourit.

Cette forêt fait partie du patrimoine de la nation première les Hupacasath, nation qui a vécu là dans la vallée Alberni depuis des milliers d’années. Elle a pour cette nation première, une signification non seulement spirituelle mais aussi est un moyen de passage, une route pour voyager, avant l’arrivée des européens.

Dans cette forêt les Hupacasath collectaient les plantes médicinales, utilisaient l’écorce des cèdres rouges pour faire des paniers, des chapeaux et des insignes traditionnels. Mais surtout pour construire des canoës, des maisons, des lieux de stockage et surtout des masques pour être en lien avec les esprits. Mais surtout les premières nations travaillaient les cèdres pour les transformer en totems.

Les Hupacasath comprenaient trois tribus les the Muh-uulth-aht, Kleh-koot-aht and Cuu-ma-as-aht (Ahahswinis) s’étant regroupés pour lutter contre l’arrivée des européens.

Cette forêt a survécu à un feu qui a détruit, il y a 350 ans, une partie de cette dernière. Une tempête en 2006 (je crois) a parachevé l’œuvre du feu en couchant de nombreux cèdres au sol.

En 2007 Cathedral Grove a été enregistré comme faisant partie des sept merveilles du Canada. Et je confirme que c’est une merveille.

Dans cette forêt a été tourné le film de Star Wars et la planète des E-woks !

Mais partons à la découverte de ce monument de la nature et parcourons les chemins qui la protège.

J’ai ainsi suivi un chemin balisé, sorte de ponton qui serpentait dans la forêt. On se sent alors tout, tout petit, écrasé par ses immenses arbres. Certains sont debout et ont des troncs qui mesures 9 mètres de circonférence ; d’autres sont couchés et reposent sur le sol lui-aussi rouge. Des fougères ornent le sol, les mousses grimpent sur les arbres morts ou tronçonnés et font des décors dignes du conte « Alice au pays des merveilles ».

On dirait que la forêt est tapissée et le soleil se reflète et se joue des feuillages. Un petit vent se fait sentir mais il n’est pas violent – au contraire il rafraichit car ce jour-là il faisait très chaud.

J’ai admiré les racines des arbres couchés, renversés : immenses, les racines hors de terre comme des doigts crochus qui cherchent encore à s’accrocher à quelque lopin de terre mais qui reste là, offerts à la nature qui reprend ses droits et reconstitue une biosphère. Les quatre fers en l’air ! Si malheureux de leurs sorts ! On dirait qu’ils cherchent encore à vivre, à respirer. C’est extrêmement touchant de les voir là couchés, mortifiés et tellement vivants. Certains sont tombés dans le lac avoisinant et pourrissent dans l’eau pour devenir des troncs de bois blanchâtres qui sont chatouillés et recouverts par les vagues du lac.

Ce qui est majestueux c’est de voir des troncs si rapprochés – on dirait que les cèdres font une ronde et leurs racines se sont entremêlées sous terre pour se soutenir et éviter de verser par terre. Des pins ou des sapins ont leurs branches enveloppées de lichens qui descendent vers l’eau du lac comme les arbres de la mangrove dont les racines descendent vers l’eau. On a cette même sensation. On se sent enserrés et ensevelis sous les branches.

Le sentier nous mène à travers les arbres et serpente à travers ces joyaux. Je ne me lasse pas de regarder en l’air et parfois de ne pas arriver à voir le haut de l’arbre. La canopée est dense et me donne le vertige. Je me sens écrasée par ces immensités. On dirait que les arbres ont fait une course à qui sera le plus grand et qui verra le soleil, le ciel le plus vite ! Une course au gigantisme !

Certains arbres ont le tronc coupé et sur le plat de l’écorce de nouvelles branches sont apparues. La vie des arbres reprend le dessus et se mélange au reste de la forêt. Un enchevêtrement de sapins, pins, pruches, érables ou cèdres se font jour ou sont couchés et en fond on peut entendre le son des clapotis du lac qui vient lécher ces arbres morts.

Lorsque les arbres sont morts et couchés sur leurs flancs on peut alors découvrir la taille de l’arbre et l’intérieur de son tronc vide. On pourrait y construire une maison et l’homme ressemble à un lilliputien !

Puis on ressort de cet endroit magique et tellement inattendu que l’on a l’impression de revenir d’un autre monde où les sensations sont fortes et les odeurs vous ont saoulés et permis de tout oublier.

Au retour j’ai fait la partie gauche et j’ai retrouvé cette atmosphère encore plus forte car le temps était pluvieux, froid et gris. Les sensations étaient pesantes.

Paris, juin 2019

Liens sur Cathedral Grove et les nations premières de la vallée d’Alberni :

www.hupacasath.ca

www.cathedralgrove.eu

 

Catégories :Amérique du Nord, Canada, Non classéTags:, , , , , , , , , , ,

2 commentaires

  1. Ca a l’air super ! Je l’ajoute à ma WishList.

    J'aime

Répondre à Lea Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :