Le Musée National de Beyrouth


Je ne saurais vous dire comme la visite de ce musée a été empreinte de bonheur pour moi, de découvrir cet endroit si malmené pendant la guerre et ce lieu qui retrace l’histoire de l’humanité, de l’Egypte en passant par la préhistoire, l’Age du bronze, de la Phénicie et la période hellénistique, romaine et ottomane. Car le Liban est un lieu de passage de ces différentes civilisations.

Le lieu où se trouve le musée est un mélange de style : temple grec avec ses colonnes corinthiennes et son fronton à côté d’une place avec des colonnes grecques, et proche d’immeubles modernes neufs. Contrastant !

Mais retraçons un peu la vie mouvementée de ce musée.

En 1923 une collecte de fonds fut lancée pour construire ce musée. De 1930 à 1937 a eu lieu la construction. En 1937 l’Emir Maurice Chéhab annonçait que toutes les antiquités trouvées sur le sol libanais seraient entreposées dans ce musée. De ce moment jusqu’en 1975 le musée fut ouvert au tout venant. Pendant la guerre qui dura de 1975 à 1991, le musée ferma ses portes et devient le théâtre du drame libanais. Il se trouve juste sur la ligne de démarcation et fait l’objet de tirs incessants, de destruction, de pillages. On le nommera tristement et tragiquement le passage du musée ! Ces 17 ans de guerre civile vont marquer le musée, la ville et ses habitants. Il sera fermé, puis les sous-sols seront murés pour protéger les œuvres qui se trouvaient au 1er étage du musée. Ces dernières seront abîmées par l’eau qui remonte des nappes phréatiques qui sont sous le musée. Le musée sera transformé en caserne et sera le lieu de terribles affrontements qui toucheront les œuvres exposées aux tirs et embuscades. Les archéologues et conservateurs feront recouvrir de couches de béton armé es œuvres qui ne pouvaient être déplacées. Les mosaïques seront recouvertes de béton pour leur protection. Une situation tragique pour cet endroit de l’histoire de l’Humanité !

De 1991 à 2000 des travaux de restauration se sont effectués pour réhabiliter le musée national. En 1997 il a été inauguré et ouvert par le Président Elias Hraoui puis refermé en 1998 pour le remettre aux normes des musées modernes. Et enfin en 1999 il est ré ouvert au public.

C’est et ce fut un grand moment pour moi la découverte de ce musée auquel j’attache une grande importance. Ne me demandez pas pourquoi ? Ou plus exactement son histoire tragique, la bataille des conservateurs pour restaurer et protéger les œuvres datant de millénaires avant JC, la beauté des œuvres que l’on trouve dans ce musée – tout cela me palpitait et me destinait à le visiter.

Aucun regret, que du plaisir ! Je vous conseille d’y aller et surtout aussi de visionner le film sur l’histoire du musée. Un moment très fort et plein de tragédie à la grecque quant à la souffrance du peuple libanais et sa volonté de faire survivre dans des moments terribles de leur historie, l’histoire de l’humanité et des beautés qui peuplent le Liban.

Mais parcourons ce musée : le rez-de-chaussée spacieux et ouvert offre à nous touristes ou libanais un voyage dans le temps et dans les beautés égyptiennes avec le pharaon et Osiris, les statuettes de bronze avec les feuilles d’or ; les sarcophages du roi Ahiram provenant de Byblos avec les inscriptions phéniciennes ; les figurines d’hippopotames qui faisaient écho à ceux du Louvre, alors que ces derniers sont en terre cuite ; les bijoux en or provenant de Byblos et du roi Ip Chemou Abi (pectoral orné de pierres précieuses) ; les boites à fard que j’ai trouvé extraordinaires de finesse et de transparence de la pierre.

La Phénicie avec l’écriture et son alphabet transcrit en plusieurs langues  découverte à Byblos (premier papyrus découvert en ce lieu avec la transcription de l’écriture) – je comprends à l’époque, en 1997 que mon père ait voulu se rendre sur ce lieu.  Le magnifique chapiteau aux chevaux qui regardent de trois cotés ; Les sarcophages anthropoïdes d’albâtre qui se trouvent au sous-sol et qui se reflètent dans les glaces posés sur le plafond. C’est d’ailleurs assez incroyable et impressionnant de pureté.

Au 1er étage, les colliers ou les bagues en améthyste que l’on a retrouvé dans des sarcophages funéraires ; ou bien en cornaline, agate ou autres pierres précieuses d’une finesse mémorable. La tribune en marbre de la région de Sidon ou bien le masque funéraire tout d’or provenant du site de Baalbek.

Et les mosaïques : de pures merveilles qui ont échappé au massacre de la guerre. Certaines comportent encore les stigmates de cette dernière comme la mosaïque du bon pasteur, berger entouré d’animaux qui provient de l’église de Jnah (4e/6e avant JC).

Je suis restée un long moment à la contempler malgré sa balafre en bas à gauche provenant d’une bombe. Elles sont magnifiques et représentent des figures humaines comme « l’enlèvement de l’Europe » et de la naissance d’Alexandre dans la salle funéraire du sous-sol reconstitué des éléments provenant de la nécropole romaine de Tyr (village à coté). Salle représentant des scènes de mythologie figurant la relation entre la mort et le monde. Mais aussi des animaux comme la lionne avec ses mamelles tombantes. Ou les oiseaux sur la mosaïque au sol en dessous de celle du berger.

Et puis deux momies, bien conservées, habillées avec leurs cheveux sont enfermées dans une salle à température constante. Endroit très émouvant lorsque l’on regarde ces deux êtres offrant corps à nos yeux.

Et puis tant d’autres objets ou mosaïques sauvées du désastre. Beaucoup de ces œuvres proviennent des différents sites archéologiques du territoire libanais et beaucoup de Byblos.

J’ai eu un plaisir immense à remonter le temps, apprécier ses magnifiques objets de la vie quotidienne des phéniciens, égyptiens, grecs ou romains qui n’avaient que délicatesse et beautés à offrir à notre monde moderne.

J’ai arpenté les étages, les couloirs, les ascenseurs pour avoir une vue sur l’hippodrome des pins enserré par des immeubles ou des rues avoisinantes ou bien tout simplement découvrir ce musée aux œuvres extraordinaires qui montrent le faste et le croisement des cultures sur le territoire libanais.

Si vous allez au Liban et à Beyrouth je vous conjure de visiter cet endroit miraculeux et j’espère que vous vous sentirez comme au Louvre ou au British Museum. Un lieu pour l’Humanité, la culture et l’histoire. Je vous souhaite d’être éblouie comme je l’ai été et d’avoir des souvenirs plein les yeux !

Adresse : Musée National de Beyrouth, rue de Damas, Beyrouth.

www.beirutnationalmuseum.com

Janvier 2019.

 

Catégories :Liban, Moyen-Orient, Non classéTags:, , , , , , , , , , , ,

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