Rencontre insolite dans le désert autour d’un chorten


Après avoir dépassé la ville de Mandalgovi et roulé sur le sable blanc nous avons continué sur une route désertique dure comme la pierre et où rien ne poussait.

Cela faisait penser au film « il était une fois dans l’ouest » et on pouvait imaginer de loin les nomades nous attendant avec des pistolets. Mais rien de tout cela ne nous entourait !

Nous roulions et apercevions des sortes d’observatoires des astres, du ciel et de sa voie lactée. Mais pas un habitant à la ronde.

Puis tout à coup une yourte sortie de nulle part, au milieu de nulle part, esseulée et perdue dans la steppe. En face, stoïque, un chorten de grosses pierres de tout format et de toutes couleurs, avec planté, sur le dessus, un morceau de bois, sur lequel étaient accrochés des drapeaux à prière et des foulards de couleurs.

Comme devant l’éternel, je suis une impénitente des chortens , il me faut m’apprêter à faire trois fois le tour dans le bon sens – nous nous sommes donc arrêtés au beau milieu de nulle part.

Impressionnant la solitude de cet endroit. Seule la beauté des drapeaux de prières, orientés dans un seul sens, pouvaient retenir mon attention. Puis en le regardant de plus près, on pouvait voir qu’il était soutenu par trois pics de couleurs bleus et jaunes crantés, sur lesquels étaient implantés les foulards bleus ou les drapeaux de prière.

Pas un brin de vent, un soleil de plomb et pas une ombre à l’horizon que nous scrutions. Juste quelques mini nuages paissaient dans le ciel, d’un bleu azur, identique aux foulards qui entouraient le bâton du chorten.

Quand tout à coup, sortis de la yourte blanche cinq enfants entre 2 et 8 ans se rapprochèrent de nous.

Nous nous sommes tous regardés en se demandant ce qu’ils venaient bien faire sous ce soleil de plomb.

Très calmement, sans presser le pas, ni courir, ils venaient vers les quatre personnes proche de la voiture, qui avaient eu l’idée des plus saugrenues de s’arrêter devant le chorten. Et le plus drôle était de les voir endimancher comme s’ils allaient à la messe ou à un nadaam. Ils se tenaient tous par la main comme s’ils devaient faire front et arriver de front pour faire face à un ennemi.

On aurait pu mettre la musique d’Enio Morricone et on se serait cru dans le film !

Les ainés étaient au centre, une petite fille avec un chapeau mauve rosé dans une jolie robe rouge avec des fleurs blanches, et deux plus petits garçons avançaient. Ils tenaient tous un sac comme s’ils allaient à l’école. C’est d’ailleurs ce que nous avons cru jusqu’à ce que nous les ayons devant nous. Un des ainés avait un sac à dos dont les bretelles étaient jaunes ; le deuxième portait un sac I Love NY ! Un joli « quatrio » qui venait vers nous d’un pas ferme et assuré, ne déviant pas de sa route !

Ils se sont tranquillement installés près de nous, trouvant une grosse pierre pour poser dessus une planche en bois. Et là les yeux écarquillés comme des soucoupes, nous les avons regardé déballer leurs affaires et s’asseoir en position de lotus ou bien fesses contre talons. Ils ont sortis de leurs sacs des objets représentant des chameaux, un pot à stylo en feutre blanc avec les motifs mongols de l’éternité, des pierres (quartz ou autre) ramassées dans la région, des coupes en fer, des pièces, des jeux d’osselets – jeu mongol, des bijoux de protection des enfants et d’autres babioles sans grand intérêt.

 Nous en sommes restés estomaqués car très inattendu. Ils ont sorti sans empressement les bibelots mongols qu’ils voulaient nous vendre.

Pauvres idiots et naïfs que nous étions de croire qu’ils allaient au nadaam ou à l’école !!!

Mais cela n’enlevait rien au charme et au plaisir de croiser ces enfants dans un milieu si hostile. Et puis leur calme et leurs sourires étaient un vrai plaisir. Un moment ensorcelant et peu probable !

J’étais ravie car j’ai pu les photographier de la façon la plus naturelle, comme à mon habitude.

 La petite fille nous a joué les stars de cinéma avec son grand chapeau mauve rosé ! Elle a mis du temps à nous montrer son joli visage et a préféré jouer les inconnues en jouant à cache-cache avec nous. Puis elle nous a joué du chapeau sous toutes ses formes, en le modelant et lui aplatissant les côtés de ses deux mains ! Et lui a laissé reprendre sa forme pour à nouveau cacher son joli minois.

Les garçons, eux se sont assis, à même le sol désertique et brûlant, sans craindre de se brûler les jambes et les fesses. Un des petits garçons avait autour du cou un fil rouge d’où pendait la boule protectrice, en argent, que l’on donne aux enfants, à la naissance, pour les protéger des mauvais esprits.

Nous leur avons tous acheté une babiole – car à tout travail mérite salaire ou récompense. L’ainé des garçons a empoché l’argent, avant sûrement de le remettre à ses parents. Et puis c’était tellement imprévisible que cela nous a tous ému.

Nous sommes allés chercher dans la voiture des cahiers, des crayons pour leur donner et avons recommandé à l’ainé de bien partager les affaires entre eux et de se les prêter. Ils étaient comblés et ravis mais comme tout mongol qui se respecte rien n’apparait sur les visages.

Notre starlette a continué de jouer les starlettes, les garçons se sont fait des messes basses. Et puis tranquillement, ils ont rangé leurs affaires et sont repartis comme ils étaient venus.

 Sorte d’extraterrestres du désert de Gobi !

Mais un joli moment dans un lieu insolite.

Aout 2018

Catégories :Asie, Mongolie, Non classéTags:, , , , , ,

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