« Hiroshima mon Amour » (M. Duras), Hiroshima le non-dit, la terrible horreur et la douleur du monde


Hiroshima est un lieu de mémoire pour ces milliers de morts de la bombe atomique, de la stupidité des guerres, de l’entêtement des militaires. En un mot de la bêtise humaine !

Hiroshima devrait être présent dans toutes les mémoires des Hommes, grands ou petits. Et surtout chaque enfant de ce monde devrait se remémorer, commémorer ce jour et venir voir de ses propres yeux l’horreur indicible qui s’est réalisée en ce lieu.

Lorsque l’on voyage au Japon il est inimaginable de ne pas aller se recueillir à Hiroshima.

C’est un lieu de mémoire comme il en existe d’autres dans le monde mais celui-ci montre ce que l’homme a pu faire de plus inaudible, monstrueux et qui a des conséquences encore aujourd’hui sur des êtres humains.

Ce n’est pas l’Amour que l’on lit à Hiroshima comme dans le livre de Marguerite Duras mais la HAINE, la démonstration de la force et la destruction de l’Homme par l’Homme. Encore que Marguerite Duras dans son livre fasse un parallèle entre l’amour d’une femme envers un Allemand pendant la deuxième guerre mondiale en France et les conséquences à la sortie de la guerre. Cette femme sera tondue, rejetée et quittera la ville où elle vivait. Et cet amour qu’elle portera à ce japonais sur le site d’Hiroshima et le calvaire des japonais dans cette ville soufflée, détruite, irradiée. Cet amour s’enflamme tout autour de l’évocation des dégâts subis. Il est illustré dans le film de Resnais.

Le lieu en soi est incroyablement paisible, aujourd’hui, le long des rivières Motoyashu et d’Honkawa et dans le parc de la paix, au centre-ville. Seul le dôme de Genbaku où juste sa ferraille apparait comme s’il avait été arraché ou décoiffé ! Il montre l’indicible, remémore ce lieu de mémoire pour l’éternité.

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Ce dôme, où la bombe atomique est tombée, larguée par l’avion Enola Gay. D’ailleurs Enola Gay évoque pour moi la chanson d’OMD dans les années 1980. A cette époque je n’avais pas fait le rapprochement entre Enola Gay et Le 6 aout 1945 – jour de la première bombe atomique détruisant une ville mais tuant aussi, irradiant des hommes, des enfants, des femmes, des adolescents, des personnes insouciantes et heureuses de vivre même si la guerre et les privations étaient très présentes. Cette bombe qui fera de ces Hommes des monstres souffrants pour l’éternité ! Ces hommes souffriront dans leurs chairs mais aussi dans leur âme. Cinquante ans après c’est toujours le même effroi qui vous glace. Cet endroit est devenu le lieu de souvenir mais aussi le symbole pour abolir les armes atomiques. On passe de place en place qui commémore cette horreur à travers les jardins, les monuments aux étudiants, le mémorial aux enfants, la cloche de la paix dont le son retentit d’heure en heure où que vous pouvez actionner manuellement, la flamme de la paix et le cénotaphe des victimes de la bombe A. Le cénotaphe où des plaques en Anglais, Russe, Français rappelle la signification et appelle à la paix. Et le plus terrible, c’est le musée national de la paix pour les victimes de la bombe A. C’est prenant, surtout lorsque l’on entend les témoignages de ces hommes, femmes, enfants dont la vie s’est arrêtée à cet instant précis où la bombe a été larguée. C’est bouleversant ! Cela vous prend aux tripes et c’est sur ce lieu que l’on se rend compte de ce qui s’est passé. Et surtout lorsque vous voyez le montage du largage de la bombe : la ville avant, pendant  et après.

Ce champignon atomique qui recouvre la ville et le déluge de cendres. Et puis les objets témoins visuels exposés dans le musée. Et surtout ce vélo d’enfant marron. Il m’a marqué à jamais. Y avait-il un enfant assis dessus ? Pas de mots pour dire l’impensable. Juste des larmes et le cœur sur les lèvres. Un haut le cœur sur l’Humanité. Et puis on ressort de là en se demandant POURQUOI ? Pourquoi autant de souffrances ? Pourquoi avoir largué cette bombe A alors que tous les militaires savaient que le Japon se rendrait. C’était une question de jours ! Pour tester les conséquences de la bombe A sur les hommes, la nature et je ne sais quoi…. La folie humaine en tout cas !  Voir les irradiations sur les hommes et faire des expérimentations…. Toutes ces questions sur lesquelles je n’ai pas de réponses mais qui tournent en boucle et n’auront jamais d’issue. Mais reste cette question cruciale à mes yeux : pourquoi l’Homme ne change-t-il pas ?

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Je suis ressortie de là complètement bouleversée, la tête à l’envers, les larmes aux yeux et surtout me disant que cela n’avait servi à rien. Le monde continue avec ces guerres, les morts de citoyens par les armes chimiques, les bombardements. Eux n’ont rien demandé ! Je pense à la Corée du Nord qui détient la bombe A, à la Syrie en ce moment mais aussi aux kurdes massacrés par la Turquie et tant d’autres à travers le monde. Je n’ai pas envie d’en faire le décompte car il serait assourdissant !

Ce lieu de la paix marque à jamais et tous les enfants du monde devraient le visiter pour s’en imprégner et changer leur vue du monde, le rendre meilleur!

Un lieu que j’ai adoré, porteur d’espoir, de joies et comme les adorent les japonais : la tour d’Orizuru. Dans cette tour avec une superbe vue sur le parc de la paix grâce à sa plateforme panoramique. Y est présenté la ville pendant la destruction, après avec la reconstruction. Et puis dans ce lieu on y célèbre la paix à travers des origamis mais aussi des bougies allumées en permanence. Ces fameux papiers « washi » découpés en carré de couleurs diverses qui vous sont offertes pour réaliser des grues, symboles de la paix, de la longévité, de la fidélité dans le couple (l’oiseau étant monogame) pour les laisser s’envoler et faire des vœux de paix. Ces oiseaux sont pliés dans les rituels religieux depuis le 7e siècle. D’ailleurs ils sont souvent lâchés par mille et l’on appelle ce rituel « Senbazuru ». Cette tour est aussi très importante car elle remémore l’histoire de cette fillette de 2 ans qui a été irradiée et a eu une leucémie. Elle a vécu jusqu’à l’âge de 12 ans. Un jour 1000 grues se sont envolées pour lui souhaiter de pouvoir guérir. Hélas ce vœu n’a pas été réalisé pour elle. Et ce lieu est devenu le symbole de cette enfant et de son espoir fou gâché et cassé en vol.

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Mais Hiroshima n’est pas que le souvenir du 6 aout 1945.

Il y a de beaux monuments et en particulier des musées qui prouvent l’attachement des japonais à la culture.

C’est une ville où beaucoup de musées se côtoient comme le musée de l’art où sont exposés des tableaux de Monet, d’impressionnistes français. Un endroit où il fait bon se promener à l’intérieur comme à l’extérieur et boire un thé dans le restaurant attenant au musée. Il est tout rond avec au centre une coupole et est entouré par un ru où des canards voguent et nagent ! Ici j’ai été impressionnée par les nombreux tableaux de peintres français comme Marie Laurencin, Soutine, Utrillo, Manet, Monet, Renoir, Degas, Cézanne, Gauguin, Rodin etc… Les japonais ont une passion pour ce sculpteur. C’est  là où l’on voit la place de la France au niveau culturel et de l’admiration des japonais pour ses peintures. Cet endroit est un joyau et un lieu de recueillement envers la peinture de notre pays. Et puis clin d’œil aux chats : les vestiaires, qui sont des boites, étaient peintes avec des chats assis, marchant ou courant.

Un autre endroit ravissant avec le jardin Shukkeien attenant : le musée d’art de la préfecture d’Hiroshima. On peut se relaxer et apprécier la nature environnante mais aussi admirer les statues asiatiques et les peintres japonais et français. J’ai aussi eu le plaisir de visiter une exposition sur l’art turkmène. Un vrai bonheur !

Ce jardin Shukkeien qui fait honneur au maitre de cérémonie du thé Ueda Soko a été construit en 1620. Il est fait sur le modèle chinois de Hangzhou. Le lac est composé de plusieurs ilots et tout autour des montagnes, des cottages, des temples et des salons de thé et des ponts qui enjambent le lac. Des carpes blanches, oranges, jaunes voguent dans l’eau du lac, des ibis blancs lissent leurs plumes et font les beaux ! Des petits crabes rouges escaladent les rochers en sortant de l’eau et les tortues nagent dans l’eau. Toute une faune aquatique, volante vit dans ce microcosme. Et puis le pont rouge japonais qui enjambe le lac est une pure merveille.  Ce lieu est magique et reposant. Il fait bon y marcher et jouir du paysage. Des mariés viennent dans ce lieu. Il est aussi marqué car on a retrouvé des corps calcinés par la bombe A. C’est devenu un lieu de souvenir et de recueillement. Je me suis assise à plusieurs endroits pour m’en imprégner. Et me remémorer cet endroit est un véritable plaisir. Je refais le voyage des mois plus tard avec un engouement toujours aussi fort !

Et un autre lieu que j’ai adoré est le château d’Hiroshima que je n’ai pu visiter mais dont j’ai admiré l’architecture, le parc, les remparts. Il a été détruit en 1945 et cette tour qui subsistait a été reconstruite. Elle honore les seigneurs féodaux qui y ont vécu.

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Et c’est à Hiroshima que j’ai dégusté les meilleurs sushi ! J’en ai encore l’eau à la bouche. Et je me souviens du maitre sushi.

Pour le reste Hiroshima est une ville moderne qui à mes yeux n’a rien d’extraordinaire. C’est la ville qui permet de rejoindre Miyajima avec son Tori et ses multiples temples.

Arigato !

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