Khabarovsk – ville russe au miroir soviétique – Épisode 1


Il y a des chanteurs qui nous serinent à longueur de journées des hymnes sur l’amour. L’amour, l’amour, l’amour, l’amour…. Et puis il y a à l’est le plus extrême de la Russie une ville qui surplombe le fleuve AMOUR.  Et là on découvre un mélange russe bien typique, ville tsariste au charme soviétique. Je vous laisse découvrir à travers mon stop de deux jours dans cette ville miraculeuse ce que j’ai pu ressentir.

Tout d’abord une arrivée triomphale par le transsibérien, en passant sur le plus vieux pont de la ville reconstruit il y a une vingtaine d’années, après 4 jours et 3 nuits dans ce train mythique et si prégnant. Après avoir vécu ces jours dans les cahots du train, bercée par les bogies et les rails, ayant aperçu une partie de la nature morne de la Sibérie, et avoir compté les bouleaux, les cèdres de Sibérie et les lacs, je suis arrivée dans une ville chère à mes yeux. Khabarovsk et son fleuve Amour. Ne me demandez pas pourquoi ? Il en est ainsi et parfois des noms de villes résonnent à vos oreilles et à votre esprit comme un miracle au bout du monde. Eh bien c’est le mien. C’est ce fleuve et son nom qui m’interpellaient !

Et c’est ce fleuve qui vous accueille à votre arrivée. Les voyageurs ont le plaisir de le traverser et de pouvoir l’appréhender dans toute sa largeur. Amour qui sonne tellement bien à nos oreilles n’est que la pâle traduction du terme Bouriate « boueux ». Guère poétique ! Mais en Nanaï il signifie grand fleuve, en Mandchou, fleuve noir et en Chinois, fleuve du dragon noir. L’origine de ce surnom provient du fait qu’il charrie beaucoup de sable. En résumé un grand fleuve noir capable de vous engloutir !

 

 

 

 

Il est impressionnant ! Une presqu’île permet de voir ses bras, comme si une mer intérieure à l’Extrême-Orient de la Russie vous tendait les mains. En traversant le pont on découvre les berges du fleuve. On en a le tournis tellement il est grand et large. Il mesure 3 kilomètres. Il délimite la frontière avec la Chine et coule depuis Argoun. Il s’étend sur plus de 4354 kms et est le premier fleuve de Sibérie et le quatrième d’Asie. Il finit sa course et se jette sur le détroit de Tatarie en face de l’île Sakhaline, au sud de la mer d’Okholst (nord de l’Océan Pacifique). Entre temps il a reçu les eaux de l’Oussouri et du Sungari, tourne vers le nord pour finir dans un delta, grand estuaire de 200 kilomètres dans le détroit.

Mais revenons à Khabarovsk. C’est une des plus grandes villes de l’Extrême-Orient russe qui s’y est implantée, après Vladivostok. Et nous sommes tout simplement à plus de 8523 kilomètres de Moscou ! Une Paille !!!

La ville dévale vers le fleuve Amour et tout converge vers ce dernier. Comme si le fleuve envoutait la ville et ses trois collines ; et lui ordonnait de se mettre au pas devant ses berges.

On est loin de Moscou en distance, peu proche de l’Orient car Khabarovsk est une âme russe en Extrême-Orient.  Et pourtant nous sommes en Orient, proche de l’Asie. Mais on ne sent pas en Orient ! Et en même temps la ville est loin des préoccupations de la capitale !

Pour remonter dans l’histoire, Le fleuve Amour fit l’objet de multiples expéditions depuis le 18e siècle, dont une par Mourariev qui finit par la signature d’un traité donnant la rive gauche du fleuve à la Russie, de l’embouchure jusqu’à Argun. Il fut complété en 1860 par le traité d’Ignatiev récupérant les territoires entre l’Oussouri et la mer. Khabarovsk a été créé en 1858 en passant sous la souveraineté russe et porte le nom de l’explorateur Ierofeï Khabarov.  Ce dernier dans les années 1649 parcourut les territoires de l’Amour à la recherche de terres en vue de la colonisation de la région. En 1884 la Société de Géographie de Russie s’est implantée et a permis le développement de bibliothèques et musées. La ville connut un développement important grâce au chemin de fer, le transsibérien, construit en 1897 et qui servit en 1905 pendant la guerre russo-japonaise. Elle connut tous les affres de la révolution et à nouveau de la 2eme guerre mondiale avec le Japon. Puis à nouveau les conflits sur la frontière sino-russe en 1969 aboutissant à la rupture avec la Chine.

Après ce retour sur l’histoire, me voici partie à l’attaque de Khabarovsk tel un grognard de la garde napoléonienne.

La ville joue aux montagnes russes. Elle est construite sur des collines et est taillée par de grandes artères. Elle veut rivaliser avec les rues de San Francisco. On monte et on descend en permanence pour rejoindre le fleuve. A part l’artère centrale Mourariev- Amourski qui est plane, toute la ville est un dos d’âne avec des crêtes. Elle a l’aspect d’une ville provinciale cependant elle est très animée voire coquine.

Mon seul objectif était de me retrouver aux pieds de ce fleuve Amour et d’en humer la grandeur et le nom. Je suis donc partie en trolley bus pour rejoindre le port et les plages de sable de l’Amour. Empruntant la rue Lénine et allant directement jusqu’à la grand place où se trouve l’église orthodoxe de la Transfiguration, j’ai continué en descente pour rejoindre une autre artère et filler vers la gauche vers le port et les berges de la rivière. Berges bien gardées par des soldats car c’est devenu un poste frontière avec la Chine. Beaucoup de Chinois font du commerce avec la Russie dans la ville de Khabarovsk. On vit à l’heure chinoise ici aussi. On côtoie beaucoup de chinois qui commercent avec les russes. Tout est importé de Fu Yuan. Puis j’ai filé vers un bateau pour pouvoir vivre le fleuve et le sentir. J’ai eu le plaisir d’avoir un panorama extraordinaire sur le fleuve, la ville et ses collines ainsi que ses magnifiques bâtiments qui s’offrent aux yeux depuis l’Amour. Tout le long des berges un parc découvre une vaste foret et de grands escaliers montent vers la place Komsomolskaïa où l’on voit la très belle cathédrale de l’Assomption aux coupoles bleues.

Sur le fleuve, on voit des bateaux, chargés de la défense du fleuve et de la ville le parcourir en amont et en aval. Ils voguent en escadrille de 4 à minima. Beaucoup de bateaux marchands voguent aussi sur le fleuve et font du commerce entre la Chine et la Russie. En longeant les rives sur le fleuve on peut voir de loin les magnifiques bâtiments qui sont cachés par le parc et voir les berges avec les fêtes foraines qu’affectionnent tant les russes. Le long de ces berges des plages de sable fin blanc sont le lieu de villégiature des russes qui viennent bronzer. S’y baigner ou bien pêcher le saumon est souvent interdit suite aux pollutions du fleuve par les hydrocarbures déversés par les Chinois. C’est d’ailleurs la grande inquiétude des habitants. J’aime quand même trempé les mains dans l’Amour. On peut aussi voir que la ville est un véritable chantier car des gratte-ciels sont en construction un peu partout. En approchant du pont à double étage (chemin de fer et routes pour les voitures), on peut apercevoir de jolies maisons sur les hauteurs des falaises surplombant le fleuve. On dirait des izbas avec de grandes baies vitrées ouvertes sur le fleuve et ayant une vue imprenable. On se croirait en Scandinavie. Au loin on voit aussi un stade en cours de finalisation pour les grands matchs. Une grande roue tourne avec ses capsules pour humains, histoire de pouvoir admirer la vue ! Et non loin de là, la ville apparait très industrieuse. Une ancienne centrale à charbon semble désaffectée et un chantier naval est encore en activité.

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